Viracocha, le seigneur des larmes

viracocha6

Viracocha, le Dieu Soleil

Entité primordiale du panthéon inca, Viracocha était considéré par son peuple comme le roi suprême des Dieux. Moins connu que son confrère toltèque Quetzalcoatl, sa légende n’en demeure pas moins une des plus grandioses. Au début de tout, il créa le Ciel et la Terre, ainsi qu’une première ébauche des hommes. Ces derniers le déçurent, et à l’instar de Yahvé, il provoqua un immense déluge qui noya ses créations.

Viracocha3.jpg

Statuette en or massif de Viracocha

Il est amusant de remarquer à quel point certains événements s’avèrent communs à travers les civilisations et leurs mythes en dépit de leurs distances. En effet, le Déluge est bien évidemment mentionné dans la Bible avec la célèbre arche de Noé. On le retrouve néanmoins dans d’autres histoires encore plus anciennes. Le roi sumérien Gilgamesh rencontra lui aussi un survivant du déluge.

Dès lors, ainsi que la légende l’explique d’elle-même :

« Avant Viracocha, le monde était sombre. »

Cependant, Viracocha était un Dieu créateur, un héros qui croyait à l’humanité et d’un point de vue plus général, à un ordre du monde possible. Il est écrit qu’il émergea du lac Titicaca (grand lac de la cordillère des Andes, situé à la frontière entre la Bolivie et le Pérou). Il conçut le Soleil à qui il ordonna de se lever derrière une grande saillie rocheuse noire comme de l’obsidienne. Il créa ensuite la Lune, puis le jour ainsi que les étoiles. En apparente contradiction avec sa grandeur, les textes sacrés le décrivent souvent sous sa forme humaine comme un vieux mendiant à la longue barbe, vêtu de haillons et de guenilles.

viracocha4

Le Lac Titicaca, un des plus grands d’Amérique du Sud

De la pierre, Viracocha façonna les hommes, à l’instar du titan Prométhée. La légende prétend qu’il pleura constamment lorsqu’il leur insuffla la vie. De ses yeux tombèrent la pluie, qui rafraîchit la vie des vallées. Si le parallèle avec le christianisme est notable, Viracocha détenait, malgré son état de Dieu universel, quelque chose de terriblement humain : la compassion.

En effet, le dieu pleura, il pleura pour les hommes, car il connaissait pertinemment l’ampleur de la souffrance future de ses créations dans ce monde hostile et gouverné par le chaos. Ainsi, en pleine connaissance de cause, Viracocha consentit à la naissance de l’Existence afin d’établir un ordre de l’univers, mais il ne put s’empêcher de plaindre ses enfants pour l’avenir qui les attendait.

viracocha2

Viracocha, le dieu Créateur

Une fois les humains créés, le dieu Soleil leur offrit les lois primordiales qu’ils se devaient de respecter afin de conserver l’équilibre de la société inca.

Après avoir été convaincu qu’il avait offert tous les moyens possibles à l’être humain afin qu’il puisse assurer sa survie, Viracocha se dirigea vers l’océan Pacifique, promit aux hommes qu’il reviendrait et s’enfonça dans les marées d’écume.

On ne le revit plus jamais. Il laissa ainsi le destin des hommes entre leurs mains.

Toutefois, une question intéressante à propos de ce dieu peut être soulevée : derrière la légende se cache-t-il réellement un homme ?

En vérité, oui et non.

Non dans la mesure où il s’agit d’une des divinités les plus anciennes de la cosmogonie des Incas. En revanche, le nom de Viracocha nous est bien plus contemporain, car il s’agit également d’un empereur Inca qui vécut au XVème siècle. Celui-ci s’appelait au départ Hatu Tupac. Il prit le nom de son ascendant divin lointain afin de lui rendre hommage et de se représenter lui-même comme un être transformateur.

Viracocha est célèbre dans l’Histoire, car il fut le premier à fonder une unité Inca sur l’ensemble du territoire de l’empire et de ses peuples soumis.

On attribue l’année de sa mort à l’an 1438.

Viracocha1.jpg

Hatu Tupac, dit Viracocha, huitième souverain inca

Méduse, le cauchemar éternel

Meduse5.jpg

Méduse, l’abomination des Hommes

Parmi les créatures de cauchemars qui ont peuplé la mythologie grecque, une des plus célèbres demeure sans conteste la terrifiante gorgone du nom de Méduse.
Monstre terrible, son nom est souvent associé à un autre, celui qui parvint à la terrasser : le preux héros Persée. Le début de cette légende remonte à bien longtemps, lorsque Méduse était encore une belle jeune femme, aimée de tous, des Dieux comme des hommes.

Malheureusement, elle fit preuve d’hubris en clamant haut et fort que sa beauté était plus grande que celle de la déesse Athéna. Celle-ci, folle de rage, métamorphosa l’insolente en commençant par ses magnifiques cheveux qui devinrent des vipères, son corps se pourvut d’écailles, et quiconque croiserait son regard jadis inoubliable serait immédiatement pétrifié en pierre.

meduse3

La punition d’Athéna

Horrifiée par son apparence, Méduse éprouva alors une haine sans pareille envers les hommes, progénitures des Dieux. Elle rejoignit ses deux sœurs, Sthéno et Euryale, toutes deux immortelles, aux confins de l’Orient, au pays des Hespérides.

La sinistre trinité sema la terreur et la désolation pendant des décennies. Il n’est guère surprenant de comprendre pourquoi. Les descriptions diffèrent, mais certains points s’avèrent récurrents : on racontait qu’elles étaient dotées d’ailes, de mains de bronze et d’un corps de serpent.

L’histoire de Persée est plus complexe. Fils de Zeus et de la princesse Danaé, sa naissance résonnait en écho avec un destin qui impliquait directement Acrisios, le père de Danaé. En effet, le roi Acrisios avait reçu la sombre prophétie suivante : « Tu n’auras pas de fils et ton petit-fils te tuera. »

Terrifié par cette prédiction, le roi enferma sa fille dans une grande tour, gardée par de féroces sentinelles. Zeus parvint à rejoindre la belle Danaé en se transformant en une pluie d’or. Lorsque Acrisios l’apprit, il n’osa pas occire de sa propre main sa descendance et enferma sa fille et son petit-fils, Persée, dans un coffre scellé qu’il jeta dans l’océan.

meduse6

Danaé et son fils, sauvés par un pêcheur

La mère et l’enfant furent sauvés in extremis par un pécheur, qui les plaça sous l’asile de son roi Polydectès. Le fils devint grand, et protégea sa mère des avances de plus en plus prononcées de Polydectès. Celui-ci, afin de se débarrasser de Persée, lui ordonna de tuer Méduse, et de ramener une preuve de son exploit. Le fils de Zeus fut aidé des autres dieux dans sa quête, qui lui apportèrent chacun un objet magique. C’est ainsi qu’Athéna lui offrit un bouclier lisse comme un miroir, qu’Hermès lui donna une serpe tranchante, des sandales ailées, le casque d’invisibilité d’Hadès et un sac de cuir magique. La déesse de la Sagesse conseilla au demi-dieu de se renseigner auprès des Grées quant à la manière de tuer la Gorgone et d’en ressortir vivant.

Les Grées font certainement partie des créatures les plus laides de la mythologie. Il s’agissait de trois sœurs qui étaient venues au monde vieilles : Enyo, Dino et Pemphrèdo. Elles n’avaient qu’un œil qu’elles se partageaient à tour de rôle. En revanche, elles connaissaient toutes les réponses. En vérité, leur monstruosité était à la mesure de leur omniscience. Persée les força à lui révéler ce qu’elles savaient en les privant de leur œil unique.

Elles lui révélèrent que le bouclier lisse comme un miroir lui permettrait de voir le reflet de Méduse sans en être pétrifié. Il suivit leur conseil et alla à la rencontre des trois gorgones. Devant l’antre, il jucha le casque d’invisibilité qui lui permit de passer inaperçu et de les approcher suffisamment près. Le bouclier permit au jeune héros d’éviter le regard mortel de Méduse. A l’aide de la serpe, il trancha la tête de l’horrible gorgone et la cacha immédiatement dans le sac.

meduse7

Andromède, livrée au monstre marin

Sur la route du retour, Persée rencontra la jeune Andromède, qui était attachée à un rocher, livrée en sacrifice à un monstre marin. Persée utilisa la tête de la gorgone pour pétrifier le monstre et ensemble, ils allèrent devant Polydectès et ses vassaux. Le roi, furieux que son beau-fils soit revenu vivant, ordonna à ses sbires de s’en débarrasser. Persée montra alors la preuve de son exploit en dévoilant la tête de Méduse à ses assaillants. Le roi et ses sujets se changèrent alors en pierre.

Une fois n’est pas coutume : l’histoire de ce grand héros se conclut sur une note heureuse. Le fils de Zeus régna le restant de sa vie sur le royaume de Polydectès, avec pour épouse la belle Andromède et pour conseillère sa mère Danaé.

Ainsi vécut Méduse, maudite par les Dieux et son grand ennemi Persée, le pourfendeur de Gorgones.

meduse2

Persée tenant la tête de Méduse

Orphée, le musicien à la lyre

Orphée et son épouse Eurydice

Orphée et son épouse Eurydice

Fils du roi Oenagre et de la muse Calliope, Orphée est considéré sans nul doute comme le poète et le musicien le plus remarquable de l’Antiquité. Sa légende l’est tout autant. Cette dernière débuta lorsque le jeune prodige prouva ses aptitudes précoces quant à la musique et à la poésie, à tel point qu’Apollon, le dieu de la lumière et de la musique, lui offrit une lyre spéciale, à sept cordes. Son éducation et sa connaissance des arts furent assurés par sa propre mère ainsi que par les huit sœurs de cette dernière : les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, personnification de la Mémoire. Il est ainsi possible de mentionner dans l’ordre : Calliope, Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie.

En tant que demi-dieu et instruit par les meilleurs, son talent devint très vite incomparable. Jamais on entendit une musique plus belle que celle qui s’élevait de la lyre d’Orphée. La légende prétendait que sa musique charmait les bêtes sauvages, et qu’il pouvait jouer des complaintes si poignantes que les pierres en pleuraient.

Orphée, membre des Argonautes

Orphée, membre des Argonautes

Ainsi, une fois jeune homme, Orphée prit part à un périple fort célèbre de la mythologie grecque : celui de la quête de la Toison d’Or menée par Jason et ses Argonautes. En effet, le fils de Calliope s’embarqua à bord du navire l’Argos pour la Colchide, de même qu’Hercule ou Castor et Pollux, et durant la périlleuse traversée, son aide fit pencher la balance en faveur des Argonautes. Il contrecarra les chants envoûtants des sirènes par le son cristallin de sa lyre. Il galvanisa les rameurs de l’Argos par sa musique tout le long de la traversée, et parvint à apaiser le dragon, gardien de la Toison d’Or, par ses mélodies.

La mort d'Eurydice

La mort d’Eurydice

Toutefois, le mythe d’Orphée s’avère être davantage connu de par la propre odyssée qu’il entreprit pour son seul et unique amour : Eurydice. Esprit de la forêt, Eurydice était une dryade que rencontra Orphée lors de son retour de Colchide. Ils se marièrent peu de temps après, mais leur bonheur fut hélas de courte durée. En effet, un jour, alors qu’elle était pourchassée par un prétendant du nom Aristée, Eurydice marcha malencontreusement sur un serpent venimeux. Le terrible animal lui mordit à la cheville et son poison terrassa la belle qui trépassa dans les bras de son époux.

Dévasté et anéanti par le chagrin, Orphée refusa cette horrible fatalité et décida d’entreprendre un voyage à l’issue on ne peut plus incertaine. C’est ainsi qu’il se présenta aux portes des Enfers dans le but de faire revenir sa belle du monde des morts. A l’instar de Thésée ou d’Ulysse, le fils de Calliope entra le royaume souterrain d’Erèbe et rencontra le sombre passeur Charon, celui qui devait faire traverser les âmes de l’autre côté du Styx.

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Par la beauté déchirante de son ode, Orphée réussit à gagner l’accord du passeur et parvint sans encombre de l’autre côté. Par la suite, Cerbère, l’effroyable gardien des Enfers, fut endormi par la douce berceuse émanant de la lyre à sept cordes. De toutes les créatures monstrueuses des Enfers, Orphée sut s’en protéger par la puissance de sa musique inégalable. Il apaisa même l’espace de quelques instants les tourments des damnés. Il atteignit finalement les portes du palais d’Hadès et se présenta devant le roi d’Erèbe et son épouse, Perséphone, fille de Déméter.

Hadès demanda alors au poète la raison de sa venue. Pour toute réponse, Orphée composa une musique si émouvante et si mélancolique, comme un écho à sa propre douleur, qu’il arracha des larmes au dieu sans âme. Celui-ci, ému par le courage du jeune homme et la pureté de sa musique, autorisa Orphée à ramener Eurydice du monde des morts, à la seule condition que le poète ne regarde jamais celle-ci tant qu’ils ne seraient pas sortis d’Erèbe.

Le fantôme d'Eurydice disparut à jamais

Le fantôme d’Eurydice disparut à jamais

Courageusement, les jeunes époux remontèrent jusqu’à la lumière au bout d’un éreintant périple. Arrivé à la sortie des Enfers, non loin des rayons du Soleil, Orphée, méfiant envers la promesse d’Hadès, ne put s’empêcher de jeter un regard derrière lui afin de vérifier si Eurydice était toujours là.

Et c’est ainsi que l’aède perdit une nouvelle fois son épouse, et ce définitivement.

L’histoire d’Orphée s’acheva de bien triste manière : inconsolable, il parcourut le monde en ne cessant de prononcer le nom de sa bien-aimée pour finir ses jours dans un petit village de Grèce. Là, les femmes du village, jalouses d’un tel amour et rendues folles par la volonté d’Héra, écharpèrent et dévorèrent le poète. Les Muses, horrifiées de cette fin atroce, enterrèrent ses restes au pied du mont Olympe.

Ainsi mourut l’un des artistes les plus formidables de l’Antiquité.

La mort d'Orphée, le poète

La mort d’Orphée, le poète

Vishnou, le protecteur (2/2)

Vishnou, le dieu protecteur

Vishnou, le dieu protecteur

Suite au précédent article sur le sujet, nous avons dès lors pu voir que Vishnou, divinité hindoue illustrant la préservation du monde, n’intervenait dans le monde des mortels que sous la forme d’entités différentes, et ce uniquement lorsque l’équilibre des choses était en péril. Ces entités portent le nom d’avatars et sont au nombre de 10. Ainsi, suite à la description des cinq premiers dans l’article précédent, à savoir Matsya, Kurma, Varaha, Narasimha et Vamana, nous allons à présent détailler les cinq suivants.

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Ainsi, le sixième avatar de Vishnou se nommait Parashu-Rama, aussi connu sous l’appellatif Rama à la hache. On le nomma ainsi, car il incarna la vengeance contre une injustice perpétrée par la caste princière, les ksatriyas. En effet, ces derniers par l’intermédiaire de leur roi, Kritaveerya, voulurent dérober la vache sacrée, Kamadhenu, à son propriétaire, le sage, ascète et ermite Jamadagni. La vache avait été un don d’Indra envers cet homme dont la sagesse était si grande. Le roi voulut que le sage la lui vendit, ce dernier refusa, un cadeau divin n’étant pas digne de basses et frauduleuses tractations mercantiles. Avide et offusqué, le roi ordonna à ses hommes de s’emparer du sage et de le jeter en prison jusqu’à ce qu’il décide de lui donner la vache.

Les enfants de Jamadagni, dont faisait partie l’avatar Parashu-Rama, entreprirent de délivrer leur père du joug du roi. Le Rama à la hache s’attaqua alors à la garde royale et les massacra les uns après les autres, puis il fit de même avec Kritaveerya. Il arriva hélas trop tard pour sauver son père, le terrible roi ayant décidé de le décapiter pour s’emparer de la vache d’abondance. Lorsqu’il découvrit le corps de son père, la légende raconte que Parashu-Rama fut à l’auteur d’une des plus sanglantes hécatombes dans les rangs de la caste princière. Il fit couler tant de sang qu’il en remplit cinq lacs entiers.

Rama-Chandra, l'archer

Rama-Chandra, l’archer

Le septième avatar, Rama-Chandra, l’archer héroïque, intervint afin de contrer les desseins du roi des démons, Ravana, qui ayant acquis l’invulnérabilité, voulut faire basculer l’ordre du monde. Les dieux ne parvinrent pas à l’arrêter, car il s’était protégé d’eux, tout comme il s’était immunisé des prières des prêtres. Cependant, dans son orgueil démesuré, Ravana omit de se préserver des humains. Vishnou décida alors d’incarner le fils du roi Dasaratha, roi juste et généreux, mais dépourvu d’héritier.

Ainsi naquit Rama-Chandra. Au cours de ses pérégrinations, le jeune prince rencontra la cour du roi Janaka, qui avait une fille du nom de Sita. Le roi ne souhaitait pas que sa fille soit mariée au premier venu. En effet, il souhaitait avoir pour gendre un homme digne d’elle. Aussi, il amena devant Rama-Chandra le légendaire arc de Shiva, si grand et si lourd que pas moins d’une centaine de personnes durent le porter. Le défi du roi était limpide : seul celui qui serait capable de soulever et de bander l’arc gigantesque aurait le privilège d’obtenir la main de Sita. L’avatar saisit l’arc et le tendit jusqu’à le rompre.

Rama-Chandra contre Ravana

Rama-Chandra contre Ravana

Ainsi, les épousailles de la princesse et du prince eurent lieu, mais l’avenir s’obscurcissait au-dessus du jeune couple. En effet, bien des années plus tard, Sita fut enlevée par le démon Ravana qui l’emporta dans sa forteresse imprenable et inaccessible. Faisant appel aux animaux de la forêt, Rama-Chandra pourchassa le démon, et sous ses ordres, un terrible siège s’ensuivit pour libérer la princesse.

La forteresse du roi-démon se dressait sur une île, hors de portée des hommes du prince. Rama-Chandra demanda la bénédiction des Dieux sur son carquois et les flèches qu’il contenait. Alors, il s’arma d’un arc, et le tendit si fort que sa flèche traversa l’étendue d’eau pour venir se ficher dans la poitrine de Ravana. Ainsi, mourut le démon et Sita parvint à rejoindre son époux.

Krishna, le séducteur

Krishna, le séducteur

Le huitième avatar est un des plus populaires et des plus connus de Vishnou : il portait le nom de Krishna, et son message était l’amour. Il était si beau que même les Sages voulaient le toucher. Espiègle et chapardeur, il n’hésitait pas à commettre quelques rapines sans conséquence. C’était le fils pourchassé d’un roi qui craignait que ses enfants renversent son trône. Aussi, il grandit comme berger. Il créa une flûte ensorceleuse dont les sonorités charmaient la plupart des femmes. C’est de sa naissance que débuta le calendrier hindou, et ses épopées dans la guerre contre les démons furent nombreuses.

Bouddha, l'Eveillé

Bouddha, l’Eveillé

Le neuvième avatar est tout aussi célèbre que Krishna, bien que leurs destinées furent totalement différentes. En effet, Vishnou voulut montrer aux hommes la puissance de la méditation et de la sagesse sous l’incarnation d’un homme : Bouddha ou l’Illuminé. L’histoire raconte qu’il serait né de Mayadevi, reine d’une caste guerrière. Très jeune, il prit épouse et eut de nombreuses autres conquêtes.

Ce n’est que bien plus tard que Bouddha rencontra par hasard et successivement un vieil homme, un moribond ainsi qu’un trépassé. Horrifié par le fragile fil que représentait la vie, il se fit ascète et décida d’arpenter le pays afin de prêcher la sagesse. Après des années, il parvint à atteindre l’Illumination, et devint le Bouddha. En ce qui le concerne, on le nomma aussi l’Éveillé, car sa sagesse réussit à l’extirper du sommeil de l’ignorance, débarrassé de tous les doutes, de tous les vices. Il fut porteur d’une paix infinie et prodigua sa philosophie à ses disciples jusqu’à sa mort.

Bouddha est spécial dans le sens où il est le dernier avatar sous lequel Vishnou se matérialisa dans le monde des hommes.

Il demeure néanmoins un dernier avatar : Kalki, la fin. Cette incarnation n’a pas encore eu lieu mais est inscrite dans les livres sacrés. Elle se produira lorsque l’âge de Bronze, à savoir notre âge, prendra fin. Alors, Vishnou juché sur son destrier blanc, Kalki, et brandissant une épée de flammes arrivera sur la Terre à l’instar d’une comète, et punira les âmes damnées et brisera les démons. Il mettra fin au monde tel que nous le connaissons, et de ses cendres fumantes s’élèvera un monde nouveau, qui inaugurera une nouvelle ère de paix.

Ainsi s’achève l’histoire des dix avatars de Vishnou, le protecteur.

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier