2014 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2014 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2 300 fois en 2014. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 38 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Publicités

Typhon, le Dieu maudit

Typhon, l'apocalytique

Typhon, l’apocalyptique

Il est parfois amusant de constater ce que sont devenus aujourd’hui certains mots ou expressions émanant de mythes. Bon nombre d’entre eux ont fait honneur à leur origine « historique ». C’est notamment le cas du Typhon, terrible cyclone sévissant dans les mers de Chine ou du Japon, ravageant tout sur son passage et entraînant dans son sillage son lot de deuils et de destructions.

Il faut savoir que l’attribution de ce nom à ce phénomène climatique n’a rien d’un hasard.

En effet, dans la mythologie grecque, Typhon a réellement existé, et avec les Titans et les Géants, il fut indéniablement l’un des pires ennemis des Dieux, celui qui faillit les détruire à jamais.

Cataclysmique, sa malfaisance est telle que d’aucuns estiment qu’il put inspirer d’autres cultures, comme le christiannisme sous les traits du Diable.

Par ailleurs, Typhon n’est né que du fruit empoisonné de la rancoeur et de la vengeance. Sa mère, Gaïa, mère de la Terre et des Titans éprouvait une haine sans pareille aux Dieux, en particulier envers Zeus, en envoyant les Titans au fin fond du Tartare, suite à la Titanomachie (la guerre entre les Titans et les Dieux de l’Olympe). Pétrie d’amertume, Gaïa s’unit avec ce même Tartare pour concevoir un être né pour semer la terreur et la dévastation : Typhon.

Typhon, le Dieu destructeur

Typhon, le Dieu destructeur

Les descriptions diffèrent à son sujet tant l’étendue de son horreur s’accordait avec le mot « inimaginable ». On raconte que ses yeux n’étaient que deux foyers de brasiers qui pleuraient des larmes de feu. On disait également qu’il atteignait les étoiles tant il était gigantesque, que son bras gauche touchait l’Occident et son bras droit l’Orient. Ses mains étaient pourvues de centaines de têtes de dragons, chacune gémissant un son effroyable et différent. Il grandit en l’espace d’un seul jour jusqu’à s’élever vers l’Olympe.

Avec son épouse Echidna, il donna naissance aux monstres les plus célèbres de la mythologie grecque. Il s’accorde ainsi la paternité de Cerbère, du Sphinx, de l’Hydre de Lerne, de la Chimère, du Lion de Némée, et de bien d’autres.

Il menaça les Dieux de libérer les Titans de leur prison inexpugnable. Zeus l’affronta alors en combat singulier armé de la faucille de Cronos, toutefois Typhon parvint à le désarmer et lui trancha les tendons des bras et des chevilles, avant de le transporter, inerte, dans sa grotte, et d’en confier la garde à sa femme.

Les autres Dieux quittèrent l’Olympe pour se réfugier sur la Terre en se métamorphosant en animaux divers afin d’échapper au terrible Dieu.

Un allié de Zeus parvint à assommer Echidna, puis à guérir les tendons tranchés. C’est alors que le roi des Dieux s’arma de sa foudre et se lança de nouveau à la poursuite de Typhon. Celui-ci, déjà affaibli par la ruse des Moires (divinités du destin), se fit foudroyé par Zeus. Sous l’impact, le monstre se retrouva projeté et enseveli sous un volcan aujourd’hui encore bien connu : l’Etna, et ce pour l’éternité.

La légende raconte que les éruptions incessantes du volcan ne sont autres que les rugissements de rage du Dieu emprisonné depuis des siècles.

Ainsi finit celui qui aurait dévasté le monde et annihilé l’espoir.

Typhon, prisonnier sous le volcan

Typhon, prisonnier sous le volcan

Le légendaire Dragon

Le Dragon, l’immortel parmi les immortels

Le légendaire Dragon

Le légendaire Dragon

Si une créature mythologique a bien échappé aux ravages des siècles et à l’oubli de l’Histoire, c’est bien le dragon.

Monstre fabuleux présent dans la quasi-totalité des civilisations, il est source de centaines d’interprétations possibles de par le monde. Malfaisant en Occident, bienfaiteur en Orient, il est propre à chaque culture tout en étant universel, le symbole même du paradoxe.

Aux origines on retrouve la présence de ces animaux stupéfiants, caractérisés déjà à l’époque par leur aspect protecteur et gardien de trésor.

Jason terrassant le dragon de la Toison d'Or

Jason terrassant le dragon de la Toison d’Or

Sans pour autant posséder d’ailes comme leurs confrères médiévaux, les dragons grecs s’assimilent à de très grands serpents à la peau écailleuse, terrorisant au-delà des mots les rares qui les approchaient. Parmi nombre d’entre eux, on retrouve Ladon, le gardien de l’arbre aux pommes d’or du jardin des Hespérides, qui possédait cent têtes, chacune parlant une langue différente. Il y eut également l’Hydre de Lerne, terrassé par le même héros : Hercule. Moins connu, il est possible de mentionner le dragon de Colchide, protecteur de la toison d’Or, que Jason parvint à occire, tout comme le dragon que Cadmos dut vaincre pour protéger la ville de Thèbes.

Ses allusions à ces serpents frappés de gigantisme reviennent également dans d’autres civilisations, antérieures ou postérieures, comme chez les Égyptiens avec Apophis, ou encore dans le christianisme avec le Léviathan.

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Néanmoins, l’épisode, certainement le plus marquant, dans la religion chrétienne faisant référence au dragon concerne le combat entre Saint Georges contre le Dragon, au symbolisme très important, prônant notamment la force de la lumière contre l’obscurité du Mal.

Par ailleurs, la mythologie nordique comprend aussi un certain nombre de légendes sur les dragons, à l’instar de Fafnir, ou encore de Nidhögg, considérant ces créatures comme maléfiques et destructrices. En effet, une vieille légende nordique indique que la fin du monde, le « Ragnarok », débutera avec le réveil du monstrueux Nidhögg et du terrible Fenrir.

Le Dragon Celte

Le Dragon Celte

Pour les romains et les celtes, la cruauté du dragon laissait place à la férocité et au courage dont cet animal faisait preuve lors de ses combats. Le père du légendaire roi Arthur, Uther Pendragon, en avait fait d’ailleurs son propre blason, « Pendragon » signifiant « fils de dragon ».

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

C’est au Moyen-Age que le dragon, tel qu’il est connu de nos jours, fit son apparition, accompagné de sa sinistre réputation. En effet, rapidement assimilé au Malin, le dragon déploya ses ailes démesurées comme une ombre sur le continent, déjà plongé dans un profond obscurantisme. Calcinant tout de son souffle brûlant, il devint l’ennemi le plus redoutable à combattre parmi les monstres mythologiques de l’époque. De nombreuses gargouilles conçues à cette époque ont ainsi représenté la terreur qu’il inspirait.

Il est amusant de constater que l’honneur attribué au dragon du côté du continent asiatique diffère totalement de cette terreur à son égard. Le dragon chinois, notamment, vénéré pour sa sagesse et son courage représentait les armoiries de l’empereur.

Le Dragon Asiatique

Le Dragon Asiatique

Au long corps sinueux, le dragon chinois symbolisait un esprit de la nature, et était à la base rallié à la terre, qu’il arpentait de ses pattes griffues, avant de s’élever par la suite dans les cieux, accédant aux savoirs éternels.

Fléau pour certains, sage pour les autres, son omniprésence est de celles qui rendent perplexes. Quoiqu’il en soit, son aura de mystère en fait une des créatures mythologiques les plus connues à travers le monde.

Bien plus proche de nous, la littérature de la Fantasy actuelle regorge de ces animaux fabuleux, dont les histoires sont d’ailleurs devenues des best-sellers incontournables.

Citons entre autres :

– La Saga Eragon avec la dragonne aux écailles bleutées Saphira de Christopher Paolini.
Chroniques du Monde Émergé avec Nihal de la Terre du Vent et son dragon de Licia Troisi.
Harry Potter et la Coupe de feu lors de son combat dans l’arène, de J.K Rowling.
Bilbo le Hobbit avec Smaug le désolateur de J.J.R Tolkien.

Et bien d’autres !

Saphira, la dragonne bleue

Saphira, la dragonne bleue

La désolation de Smaug

La désolation de Smaug