Edgar Allan Poe (1809 - 1849)

Edgar Allan Poe, le Corbeau maudit

Edgar Allan Poe (1809 - 1849)

Edgar Allan Poe (1809 – 1849)

Un nom emblématique pour un des poètes du XIXème siècle qui aura marqué l’Histoire de l’Amérique, tant par ses œuvres que par sa vie constamment tourmentée.

Edgar Allan Poe est considéré comme l’un des précurseurs du Fantastique et du romantisme américain. Il balayait une grande partie des métiers de la littérature de l’époque : nouvelliste, critique littéraire, dramaturge, éditeur, et bien entendu romancier et poète. Il excellait par la nouveauté de son style dans bon nombre de genres, que ce soit de la satire aux contes en passant par le roman policier.

Personnage déchiré entre le génie et la tentation, Edgar Poe naquit le 19 janvier 1809 à Boston, fils d’un père alcoolique qui mourut peu de temps après, et d’une mère vedette d’une troupe de théâtre ambulant, qui succomba prématurément de la tuberculose à l’âge de 24 ans.

Frances Allan, la mère adoptive d'Edgar

Frances Allan, la mère adoptive d’Edgar

Orphelin, ainsi que son frère William Henry et sa sœur Rosalie qui souffrait de handicap mental, Edgar fut recueilli par le cercle d’amies proche de sa mère qui composait le gratin de la bourgeoisie de Richmond. Il avait alors trois ans. Les trois enfants des Poe furent ainsi répartis dans trois familles différentes. Ce fut Frances Allan, la femme d’un riche négociant, John Allan, établi à Richmond, qui prit sous son aile le jeune Edgar, et qui l’aima comme son propre fils jusqu’à sa mort.

C’est ainsi que le patronyme d’Allan fut ajouté à son nom : Edgar Allan Poe. Il vécut une enfance paisible, bénéficiant d’une solide éducation, il présentait déjà les signes précoces d’un esprit peu commun. Les difficultés commencèrent lorsqu’il rentra en 1826 à l’Université de Virginie, édifiée par Thomas Jefferson. Le coût onéreux de cette nouvelle vie quotidienne apporta déjà les prémices des difficultés financières qui le minèrent tout au long de sa vie. En effet, il dut contracter de nombreuses dettes dans cette institution qui regroupait les élèves les plus fortunés de l’Etat.

John Allan, le riche marchand de Richmond

John Allan, le riche marchand de Richmond

Fatalement, les dissensions qui existaient déjà entre le père adoptif et le fils s’envenimèrent davantage suite à ces frasques de jeunesse. A tel point que John Allan refusa le retour d’Edgar à l’Université. Le contexte familial s’assombrit de jour en jour jusqu’à atteindre son paroxysme, lorsqu’une nuit de l’année 1827, ulcéré par les reproches de John Allan, Edgar Poe quitta définitivement le domicile de Richmond.

Il s’installa à Boston où il tenta de faire éditer les poèmes qu’il avait déjà couchés sur le papier. Il apprit rapidement à ses dépens que le monde de l’édition formait un cercle très fermé, à l’instar des lobbies actuels, où quelques grands « requins » ajustaient le diapason. Il comprit bien vite qu’il ne pourrait survivre en premier lieu de sa plume, et s’engagea dans l’armée où il débuta même l’école prestigieuse et bien connue de West Point, celle dont sortaient tous les officiers militaires.

Néanmoins, au bout d’un certain temps, Edgar se lassa de sa vie de soldat, bien trop rigide pour un homme avec une personnalité pareille, et décida finalement d’abandonner ses études pour repartir d’un nouveau pied sur les terrains escarpés de la littérature à Baltimore. Commence alors une période de pauvreté et de misère pour Edgar, qui eut une fois de plus l’amère expérience que « la plume ne nourrissait pas son homme ». Les démons qui avaient terrassé son père commencèrent à prendre leur emprise sur lui, mais bien moins que son frère, William Henry, qui mourut peu de temps après d’un delirium tremens. Sa protectrice de toujours, Frances Allan, succomba également durant cette même période. Edgar en fut profondément affecté et la considéra jusqu’à son dernier souffle comme sa seule et unique mère.

Peu de temps après, Edgar Allan Poe devint journaliste et chroniqueur littéraire, exaltant une critique aussi acerbe que véhémente face aux écrits privilégiés des « requins ». Il s’avère être l’auteur d’environ huit cents articles durant toute sa carrière, et se fait rapidement un nom à Baltimore.

Virginia Clemm, la femme d'Edgar

Virginia Clemm, la femme d’Edgar

En 1836, il épousa Virginia Clemm, fille de Maria Clemm, sa tante, qu’il connaissait de longue date et vivait même avec eux depuis sa fuite de Richmond. Nul doute qu’il s’agisse d’un mariage dans le sens le plus noble du terme bien que Virginia n’ait alors que 13 ans. On raconte qu’ils s’aimèrent jusqu’à la fin.

Bien que sans le sou, tous ceux qui rencontrèrent Edgar en personne ne purent dénier le charisme énigmatique que dégageait ce personnage longtemps incompris. Une de ces personnes témoignera d’ailleurs en le qualifiait de « poète jusqu’au bout des ongles ».

Il connaîtra l’amertume par le manque de succès de son roman Les Aventures d’Arthur Gordon Pym, mais sera néanmoins remarqué par ses contes, satiriques au départ pour s’engageaient vers le fantastique et le gothique. Il tenta de monter sa propre revue à deux reprises, mais n’y parvint pas, toujours à cause de sa situation pécuniaire délicate.

Le Corbeau

Le Corbeau

Le 28 janvier 1845, installé depuis quelque temps à New York, Edgar Poe publia le poème reconnu Le Corbeau comportant son « Nevermore » qui suscitèrent un enthousiasme et un succès exceptionnels, qui lui valurent la consécration qu’il méritait depuis tant d’années de lutte. Il écrivit également la célèbre enquête policière Double assassinat de la Rue Morgue avec son personnage le chevalier Auguste Dupin, ainsi qu’une autre enquête : le Scarabée d’Or. Il perdit malheureusement au fil de l’eau cette réputation qui s’amoindrit jusqu’à disparaître.

Le 30 janvier 1847, Virginia Poe, âgée à peine de 24 ans, succomba des suites d’une longue maladie.

S’ensuivit une descente aux Enfers pour le poète, qui tomba gravement malade et eut malgré tout le temps d’écrire son grand projet : Eureka.

Le célèbre daguerréotype de l’écrivain avait été fait à cette époque par la demande totalement fortuite d’un admirateur. Sur cette photo, anéanti par la perte de Virginia, malade et affaibli, il lui restait un an à vivre.

Edgar Poe, brisé et affaibli

Edgar Poe, brisé et affaibli

C’est ainsi que le 3 octobre 1849, à Baltimore, on le retrouva moribond dans le caniveau d’une rue sale, près d’un bureau de vote.

Pourquoi ? Le mystère demeure jusqu’à aujourd’hui, bien que bon nombre de spéculations ont été émises.
Que faisait-il à cet endroit ? Là encore, nul ne le sait.

Quoiqu’il en soit, le 9 octobre 1849, un des plus grands génies de son temps s’éteignit dans le dénuement et l’indigence la plus totale, officiellement d’une « congestion cérébrale ». Il avait 40 ans.

On ne sut pas qu’il s’agissait du grand poète. Aussi, sa tombe ne porta pas de nom.

Même après sa mort, il fut l’objet de stigmatisations de ses vieux ennemis qui accentuèrent sa dépendance à l’alcool et souillèrent sa mémoire pendant près de quarante ans. Malgré tout, il bouleversa par sa virtuosité les poètes européens de l’ère romantique en particulier Baudelaire ou Mallarmé. Ce ne fut que bien longtemps après sa mort que son talent fut reconnu par tous.

On érigea une nouvelle tombe sur laquelle on grava sa fameuse épitaphe Jamais plus !

Jamais Plus !

Jamais Plus !

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2 commentaires sur “Edgar Allan Poe, le Corbeau maudit

  1. Pingback: Sherlock Holmes, la logique personnifiée | Chasseurs de Ténèbres

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