Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’Alchimiste

Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’alchimiste

Bien des noms dans l’Histoire demeurent encore aujourd’hui embrumés de mystères. Des existences énigmatiques aux destins improbables et aux facultés peu communes, à l’instar de Merlin, du docteur Faust ou de John Dee.

Parmi ces noms célèbres, celui de Nicolas Flamel s’impose de toute sa grandeur. En effet, personnage mi-réel, mi-fictif, il s’avère être le représentant emblématique des alchimistes qui œuvraient à cette époque.

Dès lors, remontons à la moitié du XIVème siècle, dans une période où les prémices de la Renaissance insufflaient déjà des progrès considérables dans les arts et les sciences. Le champ des possibles s’élargissait afin d’entrevoir de nouveaux horizons de la pensée.

C’est dans un tel contexte qu’aux alentours des années 1330, Nicolas Flamel vit le jour à Pontoise, en Île-de-France. De condition modeste, il parvint malgré tout à acquérir une solide éducation, grâce à l’aide de ses parents,. Nicolas commença sa vie active dans les faubourgs de Paris avec pour métier celui d’écrivain public.

La demeure des Flamel dans le 3ème arrondissement

La demeure des Flamel

Cette corporation demeurait alors très importante, comme Gutenberg et son imprimerie n’apparaîtront qu’en 1434. Avec son épouse, Pernelle Flamel, Nicolas s’installa dans une boutique à l’angle de la Rue Marivaux et de la rue des Écrivains de la capitale, qui existe encore aujourd’hui, intacte face aux ravages du Temps.

Il forma par la suite des copistes et dispensa un enseignement poussé en mathématiques et en grammaire à ses élèves. Les prestations de l’écrivain public furent si nombreuses qu’il se fit rapidement un nom parmi les nobles de la cour et profita également de leur protection. Personnage malgré tout très discret, il excellait dans les affaires immobilières, ce qui lui permettait d’assurer encore davantage un meilleur train de vie.

Certains affirmaient que ce constat n’était qu’un indice parmi d’autres de son avarice prononcée, quand d’autres défendaient l’altruisme de cet homme pour le moins étrange. La vérité quant à ce sujet demeure énigmatique, bien que l’on sache qu’il fit don de sommes considérables aux œuvres de charité.

Les arcanes de l'Alchimie

Les arcanes de l’Alchimie

Si cette facette de l’homme le faisait s’apparenter à n’importe quel contemporain de la même classe sociale de l’époque, il ne faut néanmoins pas se méprendre.

Dans son laboratoire particulier, chaque soir, Nicolas Flamel entreprenait d’élargir ses connaissances dans un domaine qui le passionnait plus que tout : l’Alchimie.

L’Alchimie possède une description qui diffère selon les points de vue. Longtemps targuée de science occulte, elle fut souvent stigmatisée par les défenseurs de la foi, notamment l’Inquisition, et fut considérée comme dangereuse par l’Église, car elle remettait en cause les Saintes Écritures. Cette mauvaise réputation ne fit que s’accroître au fil du temps si bien que les alchimistes reconnus coupables étaient condamnés de la même manière que les « sorcières ».

Ce qui explique une partie du mystère qui caractérise cette pseudo-science ainsi que la discrétion de ses adaptes.

Toutefois, l’Alchimie est un concept bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Le fer de lance de cette science consiste en la transmutation de la matière.

L'alchimiste, le chercheur de vérité

L’alchimiste, le chercheur de vérité

En d’autres termes, les alchimistes cherchaient à transformer la matière en une autre par une suite de processus scientifiques reconnus comme l’ébullition, la sublimation ou encore la fusion et d’autres manipulations bien plus complexes : c’étaient les arcanes de l’Alchimie, accessibles qu’aux initiés de longue date.

Il est indéniable qu’ils furent les ancêtres et les précurseurs de la chimie moderne.

On attribue d’ailleurs à Nicolas Flamel la découverte de la transmutation du plomb en or par la création de la célèbre Pierre Philosophale.

La Pierre Philosophale

La Pierre Philosophale

Cette même pierre capable non seulement de transformer le plomb en or s’avérait également être l’ingrédient essentiel au fameux élixir procurant la vie éternelle. Cette soi-disante découverte « expliqua » notamment d’où provenait la fortune des Flamel et fut le socle sur lequel reposa sa légende qui perdura durant des siècles.

La triple sublimation du Roi Mercure

La triple sublimation du Roi Mercure

Outre ces résultats très discutables, contrairement aux idées reçues, l’Alchimie ne se résume pas simplement à une simple quête du profit grâce à la science. En effet, avant toute chose, l’Alchimie est un mode de pensée métaphysique et existentiel très ancien dont certaines traces remontent au VIIIème siècle avant J.C. Selon cette tendance philosophique, l’homme ne peut percer le secret de la nature et de la compréhension ultime que par une suite d’étapes méticuleuses et difficiles, de la même manière que la dureté du plomb initial atteint la pureté de « l’Or ». Il s’agit en premier lieu d’une quête spirituelle.

C’est ainsi que Nicolas Flamel, en dépit de sa prétendue découverte de l’immortalité, fut malgré tout vaincu par son ennemie ultime le 22 mars 1418. Il avait 88 ans. Quant à sa femme qui l’encouragea toute sa vie dans ses recherches, Pernelle Flamel, elle mourut avant son mari en 1397.

Remarques :

  • La quête de la Pierre Philosophale fut l’origine de bon nombre d’intrigues de romans, quelque soit le genre, un des plus emblématiques étant évidemment le premier tome de la série Harry Potter : Harry Potter à l’école des Sorciers de J.K Rowling.
  • Le personnage de Nicolas Flamel a également été repris récemment dans la saga de Fantasy de Michael Scott : Les Secrets de l’Immortel Nicolas Flamel.
L'hommage de Paris aux Flamel

L’hommage de Paris aux Flamel

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Archimède, le savant de Syracuse

Archimède, le passionné jusqu’à la mort

Archimède, le savant de Syracuse

Archimède, le savant de Syracuse

Archimède.

Parmi les grands noms qui ont glorifié l’Antiquité, celui du savant de Syracuse est devenu synonyme de la raison et de la logique prônées par la science. En effet, outre ses avancées considérables dans les domaines des mathématiques et de la physique, il est aussi le père de nombreuses inventions tout à fait impressionnantes.

Archimède, le géomètre

Archimède, le géomètre

De ses œuvres, des témoignages et des preuves sont demeurés, à l’inverse de sa vie. Très peu de recueils expliquent sa biographie et la plus grande partie de son existence demeurera toujours inconnue. Quoi qu’il en soit, Archimède naquit aux alentours de 287 avant J.C, fils de l’astronome Phidias, qui détermina le rapport entre les dimensions du Soleil et de la Lune. On raconte qu’il quitta durant quelques années sa Syracuse natale pour suivre les cours de l’école d’Alexandrie, où étaient enseignés principalement les principes fondateurs d’Euclide. Suite à ces années d’études, il retourna à Syracuse où il demeura tout le long de sa vie.

Soutenu par la cour et le cercle royal, le mathématicien put se consacrer entièrement à la recherche scientifique, balayant des thématiques aussi variées que la géométrie, la mécanique, l’optique ou encore la physique.

Les polygones d'Archimède

Les polygones d’Archimède

Il faut effectivement savoir qu’avant toute chose, Archimède fut un géomètre. En effet, il fut le premier à parvenir à percer le secret qui entourait le mystérieux chiffre irrationnel π en formulant une méthode permettant d’obtenir une approximation très précise de π.

Pi et ses décimales

Pi et ses décimales

π, rappelons-le, n’est autre que le rapport de la circonférence d’un cercle en fonction de la longueur de son diamètre. Pour se faire, il utilise les longueurs des côtés des polygones circonscrits dans le cercle, procédé qui n’est pas sans rappeler la résolution « approximative » du grand problème mathématique de la quadrature du cercle. Il obtint son résultat final avec un polygone pourvu de 96 côtés.

Bien entendu, ses apports en géométrie ne s’arrêtent pas là. Mentionnons simplement ses calculs des aires des secteurs de sa spirale, du cylindre et de la sphère. Il est aussi le précurseur du calcul intégral, développé bien des siècles plus tard par Newton notamment.

Toutefois, il faut bien convenir que ses avancées en physique furent, elles aussi, tout à fait remarquables. L’anecdote la plus célèbre à son sujet émane d’une de ses plus grandes découvertes dans le domaine : la poussée d’Archimède.

Cette force est régie par le principe suivant bien connu : Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée exercée du bas vers le haut qui est égale en intensité au poids du volume déplacé.

Les travaux d'Archimède par Léonard de Vinci

Les travaux d’Archimède par Léonard de Vinci

Le meilleur exemple de cette force est celui du corps qui flotte. La légende raconte que c’est effectivement immergé dans son bain qu’Archimède comprit cela, et cria son fameux « Eurêka ! » ou « J’ai trouvé !« . C’est cette même poussée d’Archimède qui explique que les navires ne sombrent pas et peuvent flotter en dépit de leur tonnage considérable.

Ses études poussées sur les centres de gravité lui permirent d’annoncer un jour une de ces phrases qui défia également le Temps : « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai la Terre ! »

Il est également l’inventeur de la vis sans fin, permettant de transporter l’eau par un système d’hélice. On lui attribue aussi l’invention du boulon et de la roue dentée.

La vis sans fin d'Archimède

La vis sans fin d’Archimède

La légende prétend qu’il parvint à brûler la flotte qui assiégeait Syracuse par un système de miroirs géants qui refléteraient les rayons du Soleil. Ce dernier fait d’armes demeure néanmoins encore de nos jours sujet à controverse. Cependant, il œuvra à la création de catapultes à la portée inédite, qui protégèrent Syracuse durant plusieurs années.

Hélas, en 212 avant J.C, Syracuse tomba aux mains des Romains qui envahirent la cité. Archimède, alors absorbé à résoudre un problème, avait tracé plusieurs figures géométriques dans le sable de la cour. Lors de la chute, un soldat l’exhorta à le suivre. Ce à quoi il répondit : « Ne dérange pas mes cercles ! ».

Offensé, le soldat le tua d’un coup de glaive, et c’est ainsi qu’à l’âge de 75 ans, un des plus grands mathématiciens du monde mourut, fidèle à lui-même.

Des funérailles mémorables lui furent rendues par l’empereur Marcellus, et sur sa tombe, fut gravée une sphère circonscrite dans un cylindre, comme il l’avait souhaité, témoin de la découverte qu’il jugera la plus capitale.

La mort d'Archimède

La mort d’Archimède

Dante Alighieri par Sandro Botticelli

Dante, le rédempteur d’outre-tombe

Dante Alighieri par Sandro Botticelli

Dante Alighieri par Sandro Botticelli

Difficile d’estimer l’impact culturel qu’aura eu ce poète florentin du XIVème siècle sur le reste du monde durant les siècles qui suivirent. Botticelli, Balzac, Milton, Wagner, Boccace, Puccini, Tchaïkovski ne sont que quelques noms parmi la multitude d’artistes et d’écrivains que le travail de Dante transcenda.

En effet, Dante Alighieri, écrivain, poète et également homme politique, est l’auteur de nombreuses oeuvres, mais aucune d’entre elles n’aura connu le succès le plus emblématique de sa trilogie phare : La Divine Comédie.

Né au Moyen-Âge, en l’an de grâce 1265, Dante vit le jour dans la ville qu’il adorera durant toute sa vie : Florence. Fils de la petite noblesse de la cité, il perdit sa mère, Bella Degli Abati, à l’âge de 13 ans et son père, Alighiero di Bellincione, quatre ans plus tard.

Néanmoins, bien nombreux sont ceux qui considèrent que le tournant décisif qui permit au garçon qu’il était alors de concevoir son chef d’oeuvre à venir fut sa rencontre avec Béatrice, à l’âge de 9 ans.

Béatrice

Béatrice

Muse parmi les Muses de la littérature, Béatrice, fille de Folco Portinari, fut le seul grand et impérissable amour de Dante. Personnage phare qui fut à l’origine de la Divine Comédie, on la retrouva d’ailleurs dans le Paradiso. Le point capital est de préciser que cet amour s’avérait hélas impossible, la belle Béatrice étant déjà mariée à un autre. Le désarroi de Dante atteint son paroxysme lorsqu’elle mourut durant son vingt-cinquième printemps. Dans un tel contexte, il est aisé de comprendre l’extraordinaire enthousiasme qu’a suscité son oeuvre au temps des Romantiques du XIXème siècle.

D’autant plus lorsque l’on sait que Dante, suite à des pressions politiques, fut obligé de quitter sa Florence natale pour s’exiler à Ravenne où il mourut en 1321, à l’âge de 56 ans. Jamais il ne revit sa cité.

Les Portes de l'Enfer

Les Portes de l’Enfer

Recueil de trois poèmes épiques qui se succèdent, la Divine Comédie est composée respectivement de l’Enfer, du Purgatoire et du Paradis. Un titre d’ailleurs curieux à première vue pour cette trilogie, mais il faut l’entendre dans le sens d’une fin forcément heureuse. Néanmoins, c’est le recueil le plus sombre des trois qui atteint le firmament : Inferno. Ce poème est devenu incontournable dans la fascination de l’Enfer. A la frontière entre différentes références mythiques, Dante allie d’une main de maître les mythes des Grecs aux légendes chrétiennes avec une inspiration musulmane troublante.

Ainsi, tout débute par Dante, personnage principal, qui se rend compte de la déchéance prochaine de l’humanité, à commencer par la sienne. Aussi, à travers sa propre rédemption, il compte bien montrer à ses semblables le chemin du Salut, et que l’espoir demeure, en dépit de toute la méchanceté et la haine qui règnent en ce bas-monde. C’est pourquoi Dante entre courageusement en Enfer, avec comme guide, le poète Virgile. Les deux hommes franchissent l’Achéron, sur la barque de l’ombrageux Charon et découvrent les Neufs Cercles concentriques d’Inferno.

Les Neufs Cercles d'Inferno

Les Neufs Cercles d’Inferno

En effet, tel un gigantesque tourbillon, chaque cercle s’enfonce davantage dans les entrailles de la Terre, chaque niveau accentue la gravité de la faute et l’horreur du châtiment, et c’est Minos, le juge des Enfers, qui se charge de juger les damnés. Parmi ces cercles, on y retrouve les sept péchés capitaux : les luxueux sont condamnés à être balayés par des vents incessants, les gourmands à être dépecés par Cerbère sous une pluie noire et glacée, les avares à rouler d’énormes rochers, et les coléreux à croupir dans des marais stagnants…

Dans les derniers cercles, on retrouve les hérétiques ensevelis dans des tombes brûlantes, les conquérants ébouillantés dans un fleuve de sang (comme Attila ou Alexandre le Grand), les suicidés changés en arbre, les séducteurs, et enfin, dans le neuvième et dernier cercle, se trouvent les traîtres, notamment Judas, pris dans un lac gelé où trône Lucifer.

Le Purgatoire

Le Purgatoire

Dans un tableau aussi apocalyptique, il est difficile de s’étonner qu’à l’époque les rangs des pieux ont décuplé en peu de temps. Néanmoins, l’Enfer n’est pas forcément la voie inéluctable qui attendent tous les êtres humains. C’est notamment le cas de Dante qui, après avoir visité les neufs Cercles, n’est pas condamné à l’un d’entre eux, car il est jugé ni « tout à fait bon », ni « tout à fait mauvais ».

C’est ainsi que s’introduit le Purgatorio, le deuxième recueil. En effet, le Purgatoire de Dante est une montagne à sept corniches. Ainsi, le pénitent suit la voie de la rédemption en gravissant chacune de ces corniches, avec son lot de châtiments pour chacune, afin d’atteindre la plus haute : celle du Paradis, la voie que Dante et Virgile emprunteront, et qui les mènera à la belle Béatrice.

Indéniablement, Dante Alighieri a façonné l’image de l’au-delà en tant que précurseur par sa vision unique et terrifiante. L’adjectif, d’ailleurs, « dantesque » fait, depuis ce temps, partie de la langue française. Dante demeura, en outre, une des sources d’inspirations les plus prolifiques de l’Histoire.

La légende raconte qu’il cacha son oeuvre toute sa vie dans un compartiment secret de sa chambre, et qu’il mourut avant d’avoir pu révéler sa cachette. On prétend que, trois jours plus tard, il revint en rêve, tandis que son fils dormait, et qu’il lui désigna le fameux endroit.

Le lendemain, le fils Alighieri retrouva effectivement le manuscrit de la Divine Comédie.

Remarque :

  • Actuellement, l’auteur du Da Vinci Code, Dan Brown, a rendu hommage à ce grand homme par la dernière enquête de son professeur favori, Robert Langdon, dans son ouvrage Inferno.
Vers de la Divine Comédie

Vers de la Divine Comédie