Vishnou, le dieu protecteur

Vishnou, le protecteur (2/2)

Vishnou, le dieu protecteur

Vishnou, le dieu protecteur

Suite au précédent article sur le sujet, nous avons dès lors pu voir que Vishnou, divinité hindoue illustrant la préservation du monde, n’intervenait dans le monde des mortels que sous la forme d’entités différentes, et ce uniquement lorsque l’équilibre des choses était en péril. Ces entités portent le nom d’avatars et sont au nombre de 10. Ainsi, suite à la description des cinq premiers dans l’article précédent, à savoir Matsya, Kurma, Varaha, Narasimha et Vamana, nous allons à présent détailler les cinq suivants.

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Ainsi, le sixième avatar de Vishnou se nommait Parashu-Rama, aussi connu sous l’appellatif Rama à la hache. On le nomma ainsi, car il incarna la vengeance contre une injustice perpétrée par la caste princière, les ksatriyas. En effet, ces derniers par l’intermédiaire de leur roi, Kritaveerya, voulurent dérober la vache sacrée, Kamadhenu, à son propriétaire, le sage, ascète et ermite Jamadagni. La vache avait été un don d’Indra envers cet homme dont la sagesse était si grande. Le roi voulut que le sage la lui vendit, ce dernier refusa, un cadeau divin n’étant pas digne de basses et frauduleuses tractations mercantiles. Avide et offusqué, le roi ordonna à ses hommes de s’emparer du sage et de le jeter en prison jusqu’à ce qu’il décide de lui donner la vache.

Les enfants de Jamadagni, dont faisait partie l’avatar Parashu-Rama, entreprirent de délivrer leur père du joug du roi. Le Rama à la hache s’attaqua alors à la garde royale et les massacra les uns après les autres, puis il fit de même avec Kritaveerya. Il arriva hélas trop tard pour sauver son père, le terrible roi ayant décidé de le décapiter pour s’emparer de la vache d’abondance. Lorsqu’il découvrit le corps de son père, la légende raconte que Parashu-Rama fut à l’auteur d’une des plus sanglantes hécatombes dans les rangs de la caste princière. Il fit couler tant de sang qu’il en remplit cinq lacs entiers.

Rama-Chandra, l'archer

Rama-Chandra, l’archer

Le septième avatar, Rama-Chandra, l’archer héroïque, intervint afin de contrer les desseins du roi des démons, Ravana, qui ayant acquis l’invulnérabilité, voulut faire basculer l’ordre du monde. Les dieux ne parvinrent pas à l’arrêter, car il s’était protégé d’eux, tout comme il s’était immunisé des prières des prêtres. Cependant, dans son orgueil démesuré, Ravana omit de se préserver des humains. Vishnou décida alors d’incarner le fils du roi Dasaratha, roi juste et généreux, mais dépourvu d’héritier.

Ainsi naquit Rama-Chandra. Au cours de ses pérégrinations, le jeune prince rencontra la cour du roi Janaka, qui avait une fille du nom de Sita. Le roi ne souhaitait pas que sa fille soit mariée au premier venu. En effet, il souhaitait avoir pour gendre un homme digne d’elle. Aussi, il amena devant Rama-Chandra le légendaire arc de Shiva, si grand et si lourd que pas moins d’une centaine de personnes durent le porter. Le défi du roi était limpide : seul celui qui serait capable de soulever et de bander l’arc gigantesque aurait le privilège d’obtenir la main de Sita. L’avatar saisit l’arc et le tendit jusqu’à le rompre.

Rama-Chandra contre Ravana

Rama-Chandra contre Ravana

Ainsi, les épousailles de la princesse et du prince eurent lieu, mais l’avenir s’obscurcissait au-dessus du jeune couple. En effet, bien des années plus tard, Sita fut enlevée par le démon Ravana qui l’emporta dans sa forteresse imprenable et inaccessible. Faisant appel aux animaux de la forêt, Rama-Chandra pourchassa le démon, et sous ses ordres, un terrible siège s’ensuivit pour libérer la princesse.

La forteresse du roi-démon se dressait sur une île, hors de portée des hommes du prince. Rama-Chandra demanda la bénédiction des Dieux sur son carquois et les flèches qu’il contenait. Alors, il s’arma d’un arc, et le tendit si fort que sa flèche traversa l’étendue d’eau pour venir se ficher dans la poitrine de Ravana. Ainsi, mourut le démon et Sita parvint à rejoindre son époux.

Krishna, le séducteur

Krishna, le séducteur

Le huitième avatar est un des plus populaires et des plus connus de Vishnou : il portait le nom de Krishna, et son message était l’amour. Il était si beau que même les Sages voulaient le toucher. Espiègle et chapardeur, il n’hésitait pas à commettre quelques rapines sans conséquence. C’était le fils pourchassé d’un roi qui craignait que ses enfants renversent son trône. Aussi, il grandit comme berger. Il créa une flûte ensorceleuse dont les sonorités charmaient la plupart des femmes. C’est de sa naissance que débuta le calendrier hindou, et ses épopées dans la guerre contre les démons furent nombreuses.

Bouddha, l'Eveillé

Bouddha, l’Eveillé

Le neuvième avatar est tout aussi célèbre que Krishna, bien que leurs destinées furent totalement différentes. En effet, Vishnou voulut montrer aux hommes la puissance de la méditation et de la sagesse sous l’incarnation d’un homme : Bouddha ou l’Illuminé. L’histoire raconte qu’il serait né de Mayadevi, reine d’une caste guerrière. Très jeune, il prit épouse et eut de nombreuses autres conquêtes.

Ce n’est que bien plus tard que Bouddha rencontra par hasard et successivement un vieil homme, un moribond ainsi qu’un trépassé. Horrifié par le fragile fil que représentait la vie, il se fit ascète et décida d’arpenter le pays afin de prêcher la sagesse. Après des années, il parvint à atteindre l’Illumination, et devint le Bouddha. En ce qui le concerne, on le nomma aussi l’Éveillé, car sa sagesse réussit à l’extirper du sommeil de l’ignorance, débarrassé de tous les doutes, de tous les vices. Il fut porteur d’une paix infinie et prodigua sa philosophie à ses disciples jusqu’à sa mort.

Bouddha est spécial dans le sens où il est le dernier avatar sous lequel Vishnou se matérialisa dans le monde des hommes.

Il demeure néanmoins un dernier avatar : Kalki, la fin. Cette incarnation n’a pas encore eu lieu mais est inscrite dans les livres sacrés. Elle se produira lorsque l’âge de Bronze, à savoir notre âge, prendra fin. Alors, Vishnou juché sur son destrier blanc, Kalki, et brandissant une épée de flammes arrivera sur la Terre à l’instar d’une comète, et punira les âmes damnées et brisera les démons. Il mettra fin au monde tel que nous le connaissons, et de ses cendres fumantes s’élèvera un monde nouveau, qui inaugurera une nouvelle ère de paix.

Ainsi s’achève l’histoire des dix avatars de Vishnou, le protecteur.

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier

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