Le Hollandais Volant, la damnation des sept mers

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

The Flying Dutchman.

Un nom qui a suscité la terreur dans l’esprit des marins durant près de trois siècles. Redevenu emblématique depuis la saga cinématographique de Gore Verbinski, Pirates des Caraïbes, le Hollandais Volant n’est cependant pas tout à fait né de l’imagination des studio Disney.

Boussole et carte

Les légendes des sept mers

Ce fameux navire fait partie d’une des légendes maritimes les plus célèbres au monde. Afin de mieux se replacer dans le contexte du XVIIème siècle, il est important de connaître le rôle prépondérant de la superstition et de la croyance au sein des équipages des navires qui sillonnaient les sept mers.

En effet, la plupart du temps, les marins étaient livrés à la fureur capricieuse des flots, qui pouvait décider en un instant de les faire sombrer. Terrifiés à l’idée d’être à la merci du hasard, les matelots commencèrent rapidement à faire circuler rumeurs et conseils plus ou moins avisés afin d’éviter d’attirer le mauvais œil sur eux. C’est pourquoi notamment une femme à bord était très mal perçue par l’équipage qui craignait que les divinités marines ne se vengent d’un tel affront. Hélas, ces principes d’un autre siècle ont perduré sur les mers très longtemps, le mythe des sirènes rencontrées par Ulysse lors de son Odyssée en est une preuve…

Navire

Le Hollandais Volant, tentant de doubler le Cap de Bonne Espérance

Dans ce contexte très particulier, the Flying Dutchman frappa l’imagination fertile des matelots quant à son histoire. Des dizaines de versions circulent sur ce mythe, cependant, plusieurs similitudes émergent, décrivant la légende comme suit.

Le Hollandais Volant était un des navires les plus rapides qui existaient. Tout porte à croire qu’il était parti d’Amsterdam afin de rejoindre Batavia (actuel Jakarta) et ses comptoirs d’Inde Occidentale. L’histoire précise que le drame eut lieu au large du Cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud, un des endroits les plus dangereux pour les vaisseaux à l’époque. Les conditions climatiques, les récifs et les courants traîtres étaient un piège mortel pour bon nombre de capitaines.

C’est en essayant de doubler le Cap que le Hollandais Volant fut pris dans une tempête qui lui priva de son gouvernail et le faisant ballotter sur les flots comme un pantin aux ficelles tranchées pendant des jours et des jours. Le commandant du navire, Van Der Decken, ivre de rage de ne pas pouvoir franchir le Cap, défia Dieu et lui jura qu’il passerait, le Diable dut-il l’aider dans son odyssée.

Crâne

Condamné à errer sur les océans

Pour son blasphème, Dieu punit alors le capitaine et tout son équipage qu’il condamna à errer en mer pour l’éternité.

Ainsi naquit la légende du plus célèbre des vaisseaux fantômes…

Le mystère ne s’arrête toutefois pas là, car au cours des derniers siècles, plusieurs témoignages relatent les apparitions mystérieuses d’un navire aux lanternes rouges.

Un des constats les plus notables est celui du duc d’York en 1881, qui sera connu bien des années plus tard sous le nom de Georges V, roi d’Angleterre. Le futur roi était au bastingage du HMS Bacchante le 11 juillet de l’année 1881 lorsqu’il vit un vaisseau baigner d’un halo rougeâtre puis se volatiliser dans la brume près des côtes australiennes.

La dernière déclaration de la sinistre apparition remonte à 1942, quatre personnes auraient aperçu un vaisseau d’un autre âge disparaître près d’une des îles du Cap de Bonne Espérance.

Pirates des Caraïbes

 

Publicités

La Banshee, la prophétesse du malheur

Banshee

La Banshee, l’annonciatrice

Peu connue dans le monde de la mythologie, cette créature issue des mythes irlandais, s’est propagée au cours des siècles au Royaume-Uni. On la retrouve même en Bretagne, aux côtés de l’Ankou par exemple.

La Banshee, vieille et décharnée

La Banshee, vieille et décharnée

Par le passé, cette créature était très redoutée vis-à-vis du petit peuple, car elle était synonyme de sombres auspices. Cela se devinait rien qu’à son apparence. En effet, si un malheureux avait eu la malchance de la croiser, il aurait découvert une très vieille femme, ridée comme l’argile, aux cheveux longs et graisseux et au visage défiguré par la souffrance.

La Banshee, du gaélique Bean Sidhe, était dédiée au chagrin et libérait toute cette douleur dans un cri inhumain et insupportable. C’est d’ailleurs une de ses caractéristiques les plus connues, car l’on prétendait que, la nuit, celui qui entendait son hurlement allait bientôt mourir. Précisons toutefois qu’elle n’interférait pas sur le cours de l’existence, elle se contentait juste de prévenir le concerné que son heure était proche. Rien de plus, mais rien de moins.

Banshee

La Banshee, Spectre ou Fantôme ?

Les témoignages à ce propos décrivent un son intenable tant par la tristesse implacable qu’il provoque que par le déchirement qui y transparaît.

Par ailleurs, la Banshee est devenue assez rapidement « réservée » aux familles nobles, celles qui détenaient le sang bleu dans leurs veines depuis des générations. En effet, de la même manière qu’elles affirmaient qu’elles possédaient leur propre fantôme (mentionnons à titre d’exemple la légende du Chien des Baskerville d’Arthur Conan Doyle), les vieilles familles de Grande Bretagne étaient convaincues de posséder leur propre Banshee.

L’origine de cette créature étrange est assez floue, car plusieurs versions s’opposent, mais certaines penchent pour être une descendance de la terrible Morrigan, la Reine Fantôme, déesse celtique de la Mort et de la Guerre. Ses corbeaux l’accompagnaient sur le champ de bataille pour se repaître des cadavres.

La Morrigan, la déesse de la Guerre et de la Mort

La Morrigan, déesse de la Guerre et de la Mort