L’Erebus et le Terror, ou la folie des hommes

L'Erebus et le Terror

Le HMS Erebus et le Terror sur les eaux de l’Arctique

Laissez-moi vous conter une histoire.

Une de ces histoires qui sont autant plus terrifiantes qu’elles ont réellement eu lieu. Nous sommes en mai 1845, l’amirauté de la Royal Navy voit ses deux meilleurs vaisseaux d’exploration, le HMS Erebus et le HMS Terror, déferler leurs voiles du port de Greenhithe pour une expédition à haut risque : découvrir un passage entre l’Atlantique et le Pacifique par l’Arctique. L’idée est de franchir le cheminement d’îles gelées au nord du Canada, dans les terres inuits et ce afin de créer une nouvelle route maritime commerciale aussi conséquente que le canal de Panama.

Les deux vaisseaux de Sir John Franklin

Les deux vaisseaux de Sir John Franklin

135 âmes composent cet équipage et à sa tête, sur son vaisseau amiral, l’Erebus, se tient le commandant Sir John Franklin, célèbre explorateur britannique, vétéran de la bataille de Trafalgar et cartographe de la côte Nord des Amériques. Il est âgé d’une soixante d’années lorsqu’il prend la mer pour ce qui sera son dernier voyage. En effet, à bord de ces deux navires, renforcées par des couches de chêne et de métal et disposant de deux chaudières de locomotives, lui et le capitaine du Terror, Francis R.M Crozier arrivent après un voyage sans encombre dans la mer de Baffin, celle qui sépare le Groenland du Canada.

Or, c’est à cet endroit que l’on aperçut pour la dernière fois les deux navires. Aucun membre de l’équipage ne revit l’Angleterre. Plusieurs expéditions de secours tentèrent de retrouver les disparus à partir de 1848, inquiètes de cette absence prolongée même au cœur de l’enfer blanc de cette Terra Incognita. De toute évidence, les marins avaient fait naufrage. Mais où ? Et comment ? Qu’étaient-ils devenus ?

L'abandon des navires coincés dans la banquise

L’abandon des navires coincés dans la banquise

Le mystère demeura entier des années durant : les conditions climatiques extrêmes allant à des températures de -60°C, les chenaux traîtres, les longues périodes de nuit polaire jouaient en la défaveur des secouristes.

En 1853, des témoignages des tribus d’Inuits parvinrent jusqu’en Angleterre. Ils mentionnaient « un grand navire de fer dont seuls les mâts dépassent des glaces » non loin de l’île du Roi-Guillaume. Un bref message de détresse déniché dans un cairn apprit la mort de Sir John Franklin, datée du 11 juin 1847. Plus tragique, des traces de cannibalisme ont également été retrouvées, ce qui fut purement rejeté par l’opinion publique britannique avec en première ligne l’écrivain Charles Dickens. Ce dernier affirma haut et fort que jamais un Anglais ne pourrait agir de la sorte.

Près d’un siècle et demi plus tard, il se trouve que nous pouvons à présent retracer le destin de ces malheureux. Et pour cause, le HMS Erebus a été retrouvé en 2014, plongé dans les eaux glaciales du Pôle Nord. Deux ans plus tard, c’est le HMS Terror qui est découvert à son tour sur ces terres désolées.

Il s’avéra que les deux navires se retrouvèrent piégés dans les glaces pendant deux années. Quant aux membres de l’équipage, ils succombèrent les uns après les autres par le froid, la famine, le scorbut et l’intoxication au plomb présent dans les conserves. Désespérés, les hommes abandonnèrent un des deux navires avant de se retrouver de nouveau bloqués. Alors, une centaine de survivants tentèrent de rejoindre les terres de Nunavut, vers le Sud… à pied.

Tous périrent en chemin, affamés, malades et désespérés.

Quand la réalité dépasse la fiction…

Le destin tragique de l'expédition Franklin

Le destin tragique de l’expédition Franklin

PS : Il est à souligner qu’un récit par le détail de cette tragique expédition est brillamment relaté par l’auteur Dan Simmons, dans son ouvrage Terreur.

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