Le Hollandais Volant, la damnation des sept mers

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

The Flying Dutchman.

Un nom qui a suscité la terreur dans l’esprit des marins durant près de trois siècles. Redevenu emblématique depuis la saga cinématographique de Gore Verbinski, Pirates des Caraïbes, le Hollandais Volant n’est cependant pas tout à fait né de l’imagination des studio Disney.

Boussole et carte

Les légendes des sept mers

Ce fameux navire fait partie d’une des légendes maritimes les plus célèbres au monde. Afin de mieux se replacer dans le contexte du XVIIème siècle, il est important de connaître le rôle prépondérant de la superstition et de la croyance au sein des équipages des navires qui sillonnaient les sept mers.

En effet, la plupart du temps, les marins étaient livrés à la fureur capricieuse des flots, qui pouvait décider en un instant de les faire sombrer. Terrifiés à l’idée d’être à la merci du hasard, les matelots commencèrent rapidement à faire circuler rumeurs et conseils plus ou moins avisés afin d’éviter d’attirer le mauvais œil sur eux. C’est pourquoi notamment une femme à bord était très mal perçue par l’équipage qui craignait que les divinités marines ne se vengent d’un tel affront. Hélas, ces principes d’un autre siècle ont perduré sur les mers très longtemps, le mythe des sirènes rencontrées par Ulysse lors de son Odyssée en est une preuve…

Navire

Le Hollandais Volant, tentant de doubler le Cap de Bonne Espérance

Dans ce contexte très particulier, the Flying Dutchman frappa l’imagination fertile des matelots quant à son histoire. Des dizaines de versions circulent sur ce mythe, cependant, plusieurs similitudes émergent, décrivant la légende comme suit.

Le Hollandais Volant était un des navires les plus rapides qui existaient. Tout porte à croire qu’il était parti d’Amsterdam afin de rejoindre Batavia (actuel Jakarta) et ses comptoirs d’Inde Occidentale. L’histoire précise que le drame eut lieu au large du Cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud, un des endroits les plus dangereux pour les vaisseaux à l’époque. Les conditions climatiques, les récifs et les courants traîtres étaient un piège mortel pour bon nombre de capitaines.

C’est en essayant de doubler le Cap que le Hollandais Volant fut pris dans une tempête qui lui priva de son gouvernail et le faisant ballotter sur les flots comme un pantin aux ficelles tranchées pendant des jours et des jours. Le commandant du navire, Van Der Decken, ivre de rage de ne pas pouvoir franchir le Cap, défia Dieu et lui jura qu’il passerait, le Diable dut-il l’aider dans son odyssée.

Crâne

Condamné à errer sur les océans

Pour son blasphème, Dieu punit alors le capitaine et tout son équipage qu’il condamna à errer en mer pour l’éternité.

Ainsi naquit la légende du plus célèbre des vaisseaux fantômes…

Le mystère ne s’arrête toutefois pas là, car au cours des derniers siècles, plusieurs témoignages relatent les apparitions mystérieuses d’un navire aux lanternes rouges.

Un des constats les plus notables est celui du duc d’York en 1881, qui sera connu bien des années plus tard sous le nom de Georges V, roi d’Angleterre. Le futur roi était au bastingage du HMS Bacchante le 11 juillet de l’année 1881 lorsqu’il vit un vaisseau baigner d’un halo rougeâtre puis se volatiliser dans la brume près des côtes australiennes.

La dernière déclaration de la sinistre apparition remonte à 1942, quatre personnes auraient aperçu un vaisseau d’un autre âge disparaître près d’une des îles du Cap de Bonne Espérance.

Pirates des Caraïbes

 

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Orphée, le musicien à la lyre

Orphée et son épouse Eurydice

Orphée et son épouse Eurydice

Fils du roi Oenagre et de la muse Calliope, Orphée est considéré sans nul doute comme le poète et le musicien le plus remarquable de l’Antiquité. Sa légende l’est tout autant. Cette dernière débuta lorsque le jeune prodige prouva ses aptitudes précoces quant à la musique et à la poésie, à tel point qu’Apollon, le dieu de la lumière et de la musique, lui offrit une lyre spéciale, à sept cordes. Son éducation et sa connaissance des arts furent assurés par sa propre mère ainsi que par les huit sœurs de cette dernière : les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, personnification de la Mémoire. Il est ainsi possible de mentionner dans l’ordre : Calliope, Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie.

En tant que demi-dieu et instruit par les meilleurs, son talent devint très vite incomparable. Jamais on entendit une musique plus belle que celle qui s’élevait de la lyre d’Orphée. La légende prétendait que sa musique charmait les bêtes sauvages, et qu’il pouvait jouer des complaintes si poignantes que les pierres en pleuraient.

Orphée, membre des Argonautes

Orphée, membre des Argonautes

Ainsi, une fois jeune homme, Orphée prit part à un périple fort célèbre de la mythologie grecque : celui de la quête de la Toison d’Or menée par Jason et ses Argonautes. En effet, le fils de Calliope s’embarqua à bord du navire l’Argos pour la Colchide, de même qu’Hercule ou Castor et Pollux, et durant la périlleuse traversée, son aide fit pencher la balance en faveur des Argonautes. Il contrecarra les chants envoûtants des sirènes par le son cristallin de sa lyre. Il galvanisa les rameurs de l’Argos par sa musique tout le long de la traversée, et parvint à apaiser le dragon, gardien de la Toison d’Or, par ses mélodies.

La mort d'Eurydice

La mort d’Eurydice

Toutefois, le mythe d’Orphée s’avère être davantage connu de par la propre odyssée qu’il entreprit pour son seul et unique amour : Eurydice. Esprit de la forêt, Eurydice était une dryade que rencontra Orphée lors de son retour de Colchide. Ils se marièrent peu de temps après, mais leur bonheur fut hélas de courte durée. En effet, un jour, alors qu’elle était pourchassée par un prétendant du nom Aristée, Eurydice marcha malencontreusement sur un serpent venimeux. Le terrible animal lui mordit à la cheville et son poison terrassa la belle qui trépassa dans les bras de son époux.

Dévasté et anéanti par le chagrin, Orphée refusa cette horrible fatalité et décida d’entreprendre un voyage à l’issue on ne peut plus incertaine. C’est ainsi qu’il se présenta aux portes des Enfers dans le but de faire revenir sa belle du monde des morts. A l’instar de Thésée ou d’Ulysse, le fils de Calliope entra le royaume souterrain d’Erèbe et rencontra le sombre passeur Charon, celui qui devait faire traverser les âmes de l’autre côté du Styx.

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Par la beauté déchirante de son ode, Orphée réussit à gagner l’accord du passeur et parvint sans encombre de l’autre côté. Par la suite, Cerbère, l’effroyable gardien des Enfers, fut endormi par la douce berceuse émanant de la lyre à sept cordes. De toutes les créatures monstrueuses des Enfers, Orphée sut s’en protéger par la puissance de sa musique inégalable. Il apaisa même l’espace de quelques instants les tourments des damnés. Il atteignit finalement les portes du palais d’Hadès et se présenta devant le roi d’Erèbe et son épouse, Perséphone, fille de Déméter.

Hadès demanda alors au poète la raison de sa venue. Pour toute réponse, Orphée composa une musique si émouvante et si mélancolique, comme un écho à sa propre douleur, qu’il arracha des larmes au dieu sans âme. Celui-ci, ému par le courage du jeune homme et la pureté de sa musique, autorisa Orphée à ramener Eurydice du monde des morts, à la seule condition que le poète ne regarde jamais celle-ci tant qu’ils ne seraient pas sortis d’Erèbe.

Le fantôme d'Eurydice disparut à jamais

Le fantôme d’Eurydice disparut à jamais

Courageusement, les jeunes époux remontèrent jusqu’à la lumière au bout d’un éreintant périple. Arrivé à la sortie des Enfers, non loin des rayons du Soleil, Orphée, méfiant envers la promesse d’Hadès, ne put s’empêcher de jeter un regard derrière lui afin de vérifier si Eurydice était toujours là.

Et c’est ainsi que l’aède perdit une nouvelle fois son épouse, et ce définitivement.

L’histoire d’Orphée s’acheva de bien triste manière : inconsolable, il parcourut le monde en ne cessant de prononcer le nom de sa bien-aimée pour finir ses jours dans un petit village de Grèce. Là, les femmes du village, jalouses d’un tel amour et rendues folles par la volonté d’Héra, écharpèrent et dévorèrent le poète. Les Muses, horrifiées de cette fin atroce, enterrèrent ses restes au pied du mont Olympe.

Ainsi mourut l’un des artistes les plus formidables de l’Antiquité.

La mort d'Orphée, le poète

La mort d’Orphée, le poète

L'énigmatique Nostradamus

Nostradamus, le prophète

L'énigmatique Nostradamus

L’énigmatique Nostradamus

Parmi les figures emblématiques de l’étrangeté, Michel de Nostredame, plus connu sous le nom de Nostradamus, occupa une certaine place dans les annales de l’Histoire, à l’instar du docteur anglais John Dee ou de l’écrivain public Nicolas Flamel. De ce personnage à la biographie pour la moins obscure, un enthousiasme et une légende se formèrent, prenant une ampleur considérable au fil des siècles.

Célèbre pour ses vers à l’aspect prophétiques, Nostradamus naquit le 14 décembre 1503 dans la bourgade de Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône. Fils de notaire, le jeune Michel orienta sa vocation première à l’étude de la Médecine, et devint de ce fait apothicaire de son état. Il commença d’ailleurs sa carrière de médecin par l’épreuve du feu. En effet, la terrible peste noire s’abattit sur le Languedoc autour des années 1520, apportant avec elle les effroyables maux que l’on ne lui connaît que trop bien. L’arrivée de ce fléau épouvantable eut notamment pour conséquence la fermeture de la Faculté de Médecine de Nice, qui rouvrit ses portes une dizaine d’années plus tard. Nostredame y reprendra ses études, mais la vieille maladie n’en avait pas fini avec lui.

Première page d'un des manuscrits de Nostradamus

Première page d’un des manuscrits de Nostradamus

L’histoire raconte que Nostredame ne serait jamais parvenu à obtenir son doctorat à cause de son passé d’apothicaire et de ses tendances un peu trop prononcées pour l’astrologie. Cela ne l’empêcha pas de s’installer à Agen, ville où les habitants se seraient félicités « de posséder un aussi bon médecin ». Le futur Nostradamus se maria en ces lieux et eut alors deux enfants, qui furent tous fauchés dans la fleur de l’âge par la nouvelle épidémie de peste de 1538. A la suite de cette perte terrible, les historiens perdent la trace de ce mystérieux docteur qui parcourait alors la France. Ses pérégrinations se poursuivent hors des frontières du Royaume, en particulier en Italie.

La Reine Catherine de Médicis

La Reine Catherine de Médicis

Ses voyages lui permirent d’acquérir davantage d’expérience face aux ravages de ce fléau. Selon certaines sources, ses nouvelles expérimentations et ses découvertes dans l’hygiène lui permirent d’enrayer assez considérablement la peste dans les villes du Sud de la France, notamment Lyon, Marseille, Aix la Provence …

C’est en 1555, après s’être remarié, que Michel de Nostredame publia son recueil fort célèbre « Centuries » sous la plume de Nostradamus (Nous donnons les choses qui sont nôtres), œuvre colossale dont l’élaboration prit trois décennies qui contenait ces fameux vers prophétiques, basés entre autres sur l’interprétation des astres dans le ciel. Son ouvrage remporta un tel succès qu’il fut convié à la cour de France mandé par la reine Catherine de Médicis, mère de la reine Margot. Ses talents d’astrologue lui permirent de conserver sa place au sein de la famille royale afin qu’il puisse établir les horoscopes des princes.

Parmi les centaines de prophéties que celui-ci écrivit, celle qui fit sa renommée fut le quatrain suivant :

« Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle. »

Cette sinistre prédiction se matérialisa quatre années après son énonciation lors d’un tournoi avec la mort du roi Henri II, fils de François Ier qui affronta le comte de Montgomery, qui portaient tous les deux des lions en blason héraldique. Henri II reçut la terrible lance de tournoi qui lui transperça l’œil.

La légende prétend qu’il mit plus de dix jours à trépasser.

Le roi Henri II de France

Le roi Henri II de France

De la même manière, Nostradamus prédit sa propre mort et périt la nuit du 2 juillet 1566.
Il était âgé de 62 ans, et ses prophéties continuent à susciter l’exaltation de tous au cours des siècles et même encore aujourd’hui.

Nostradamus et ses secrets

Nostradamus et ses secrets

Merlin l'enchanteur

Merlin, l’énigmatique

Merlin l'enchanteur

Merlin l’enchanteur

Éminemment connu pour son rôle crucial dans l’épopée du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, Merlin est considéré comme un des personnages les plus ambigus de l’Histoire, à commencer par la question épineuse de sa réelle existence, à l’instar du légendaire porteur d’Excalibur.

Difficile, en effet, de s’accorder sur une convergence de qualités qui puissent se regrouper en un seul homme, la multiplicité des versions à son sujet s’étendant de manière exponentielle. Toutefois, malgré cet entrelacs complexe de faits contradictoires, certaines lignes directrices peuvent néanmoins émerger timidement.

Le roi Arthur Pendragon

Le roi Arthur Pendragon

En premier lieu, il faut savoir que la première apparition détectée de l’enchanteur remonte au Moyen-Age du VIème siècle mentionné à plusieurs reprises dans des chroniques galloises. La véritable naissance du personnage n’aura lieu que bien plus tard, au XIIème siècle, par le témoignage trépidant et tendancieux d’un homme d’Eglise : l’évêque Geoffrey de Monmouth. En effet, ce dernier confie dans ses différents écrits sa rencontre avec un individu pour le moins atypique, qui se prénomme Merlin, se basant sur les légendes du Pays de Galles. Des récits prophétiques émanant d’un certain Myrddin datant du VIème furent retrouvés, non pas en tant qu’enchanteur, mais sous les traits d’un barde devin.

C’est en 1134 que l’évêque de Monmouth publia l’Histoire des rois de Bretagne (ancienne Grande-Bretagne), ouvrage fondateur du mythe arthurien, car c’est en ces lignes qu’apparut pour la première fois de l’Histoire le personnage le plus associé à l’enchanteur : le roi Arthur. Protecteur et fervent bras droit de ce souverain fabuleux, Merlin endossa alors les qualificatifs de devin et de sorcier, dernier héritier du savoir druidique de l’ancienne Bretagne, mais défenseur belliqueux de la foi chrétienne. Ce même ouvrage octroie également à l’ancien Myrddin l’élaboration de Stonehenge, un lieu bien entendu capital pour la culture celtique aux origines aussi incertaines que celles de son prétendu architecte.

Les Chevaliers de la Table Ronde

Les Chevaliers de la Table Ronde

A l’aide de sa magie, Merlin usa à maintes reprises de la ruse toujours cependant afin d’assurer la pérennité du royaume de Camelot. Dans le but d’accentuer cette ambivalence et ce conflit intérieur constant entre le Bien et le Malin qui émanait de l’enchanteur, sa naissance, jusqu’alors inconnue, apparut sous un funeste jour : on raconta qu’effectivement, son père n’était autre que le Diable, tandis que la pureté de sa mère lui permit de surmonter la noirceur de ses gènes. En effet, il s’évertua à œuvrer pour le bien, assistant à la naissance de la Table Ronde et de ses Chevaliers, dont l’esprit admirable demeura le modèle de l’intégrité et de la justice jusqu’à nos jours.

En une époque où les religions païennes croulaient sous l’omniprésence de l’expansion du christianisme, la magie qu’employait Merlin ne fit qu’accroître l’odeur de soufre qui provenait de sa personne. Toutefois, il incarnait pour les gens de l’Eglise le symbole parfait du bien-fondé de la religion chrétienne : il représentait l’avenir, un avenir tourné vers la grandeur de Dieu, où naquit par la suite la quête du Saint Graal, la célèbre coupe remplie par Joseph d’Arimathie contenant le sang du Christ crucifié sur la colline de Golgotha. En revanche, pour le peuple de la Bretagne, Merlin demeurait le gardien du savoir ancestral et perdu de la Bretagne, de la « magie » et de la sagesse druidiques.

Viviane l'enchanteresse et Merlin

Viviane l’enchanteresse et Merlin

Par ailleurs, afin de compléter cette esquisse de descriptif qui gravite autour de la légende du dernier des druides, il est essentiel de mentionner la présence de deux femmes dans la vie controversée de l’enchanteur, qui furent toutes les deux instruites par ce dernier. La première porte le nom de Viviane, aussi connue sous le dénominatif de « la Dame du Lac », cette même fée qui apporta Excalibur dans le cycle arthurien. Merlin en tomba éperdument amoureux et l’emmena sur son île d’Avalon. Celle-ci, tellement éprise du magicien, usa d’un sort afin de créer un labyrinthe dans une forêt afin qu’ils y demeurent coincés tous les deux durant des décennies. La légende raconte que Merlin connaissait le contre-sort, mais qu’il ne l’employa jamais pour briser le charme, bien que cette version de l’histoire n’apparut qu’à l’époque des Romantiques. Quoi qu’il en soit, leur amour perdura, et même après leur mort.

La fée Morgane

La fée Morgane

Quant à la deuxième personne, elle incarne davantage l’antagonisme de ce que représentait la sagesse de Merlin. Demi-sœur du roi Arthur, autrefois disciple de l’enchanteur, elle emprunta rapidement une voie bien plus ténébreuse que Viviane. Elle voua son existence à la destruction de Camelot. A l’époque, le simple fait d’évoquer son nom était considéré comme hautement périlleux. Cette ennemie jurée de l’enchanteur n’était autre que la fée Morgane, Morgane la maléfique, Morgane, la Locuste bretonne, excellant dans la concoction de poisons et adepte de la magie noire.

Une lutte constante eut lieu entre ces deux personnages hautement charismatiques, ce qui n’empêcha pas l’enchanteur de parvenir à un âge avancé, avec sa longue barbe de neige telle que nous le connaissons aujourd’hui et sa sagesse séculaire. De tout temps, sa légende fut une inépuisable source d’inspiration, et perdure encore de nos jours, avec ses deux incarnations littéraires et cinématographiques les plus emblématiques : le sorcier Gandalf le Gris de Tolkien et le professeur Dumbledore de J.K Rowling.

Ce qui est remarquable avec ce genre de personnes, c’est le fait que même si le Temps peut vaincre l’homme, le Temps ne pourra jamais vaincre sa légende. N’est-ce pas en soi une preuve de ses pouvoirs ?

Gandalf le Gris
Gandalf le Gris
Le Professeur Dumbledore
Le Professeur Dumbledore
Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’Alchimiste

Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’alchimiste

Bien des noms dans l’Histoire demeurent encore aujourd’hui embrumés de mystères. Des existences énigmatiques aux destins improbables et aux facultés peu communes, à l’instar de Merlin, du docteur Faust ou de John Dee.

Parmi ces noms célèbres, celui de Nicolas Flamel s’impose de toute sa grandeur. En effet, personnage mi-réel, mi-fictif, il s’avère être le représentant emblématique des alchimistes qui œuvraient à cette époque.

Dès lors, remontons à la moitié du XIVème siècle, dans une période où les prémices de la Renaissance insufflaient déjà des progrès considérables dans les arts et les sciences. Le champ des possibles s’élargissait afin d’entrevoir de nouveaux horizons de la pensée.

C’est dans un tel contexte qu’aux alentours des années 1330, Nicolas Flamel vit le jour à Pontoise, en Île-de-France. De condition modeste, il parvint malgré tout à acquérir une solide éducation, grâce à l’aide de ses parents,. Nicolas commença sa vie active dans les faubourgs de Paris avec pour métier celui d’écrivain public.

La demeure des Flamel dans le 3ème arrondissement

La demeure des Flamel

Cette corporation demeurait alors très importante, comme Gutenberg et son imprimerie n’apparaîtront qu’en 1434. Avec son épouse, Pernelle Flamel, Nicolas s’installa dans une boutique à l’angle de la Rue Marivaux et de la rue des Écrivains de la capitale, qui existe encore aujourd’hui, intacte face aux ravages du Temps.

Il forma par la suite des copistes et dispensa un enseignement poussé en mathématiques et en grammaire à ses élèves. Les prestations de l’écrivain public furent si nombreuses qu’il se fit rapidement un nom parmi les nobles de la cour et profita également de leur protection. Personnage malgré tout très discret, il excellait dans les affaires immobilières, ce qui lui permettait d’assurer encore davantage un meilleur train de vie.

Certains affirmaient que ce constat n’était qu’un indice parmi d’autres de son avarice prononcée, quand d’autres défendaient l’altruisme de cet homme pour le moins étrange. La vérité quant à ce sujet demeure énigmatique, bien que l’on sache qu’il fit don de sommes considérables aux œuvres de charité.

Les arcanes de l'Alchimie

Les arcanes de l’Alchimie

Si cette facette de l’homme le faisait s’apparenter à n’importe quel contemporain de la même classe sociale de l’époque, il ne faut néanmoins pas se méprendre.

Dans son laboratoire particulier, chaque soir, Nicolas Flamel entreprenait d’élargir ses connaissances dans un domaine qui le passionnait plus que tout : l’Alchimie.

L’Alchimie possède une description qui diffère selon les points de vue. Longtemps targuée de science occulte, elle fut souvent stigmatisée par les défenseurs de la foi, notamment l’Inquisition, et fut considérée comme dangereuse par l’Église, car elle remettait en cause les Saintes Écritures. Cette mauvaise réputation ne fit que s’accroître au fil du temps si bien que les alchimistes reconnus coupables étaient condamnés de la même manière que les « sorcières ».

Ce qui explique une partie du mystère qui caractérise cette pseudo-science ainsi que la discrétion de ses adaptes.

Toutefois, l’Alchimie est un concept bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Le fer de lance de cette science consiste en la transmutation de la matière.

L'alchimiste, le chercheur de vérité

L’alchimiste, le chercheur de vérité

En d’autres termes, les alchimistes cherchaient à transformer la matière en une autre par une suite de processus scientifiques reconnus comme l’ébullition, la sublimation ou encore la fusion et d’autres manipulations bien plus complexes : c’étaient les arcanes de l’Alchimie, accessibles qu’aux initiés de longue date.

Il est indéniable qu’ils furent les ancêtres et les précurseurs de la chimie moderne.

On attribue d’ailleurs à Nicolas Flamel la découverte de la transmutation du plomb en or par la création de la célèbre Pierre Philosophale.

La Pierre Philosophale

La Pierre Philosophale

Cette même pierre capable non seulement de transformer le plomb en or s’avérait également être l’ingrédient essentiel au fameux élixir procurant la vie éternelle. Cette soi-disante découverte « expliqua » notamment d’où provenait la fortune des Flamel et fut le socle sur lequel reposa sa légende qui perdura durant des siècles.

La triple sublimation du Roi Mercure

La triple sublimation du Roi Mercure

Outre ces résultats très discutables, contrairement aux idées reçues, l’Alchimie ne se résume pas simplement à une simple quête du profit grâce à la science. En effet, avant toute chose, l’Alchimie est un mode de pensée métaphysique et existentiel très ancien dont certaines traces remontent au VIIIème siècle avant J.C. Selon cette tendance philosophique, l’homme ne peut percer le secret de la nature et de la compréhension ultime que par une suite d’étapes méticuleuses et difficiles, de la même manière que la dureté du plomb initial atteint la pureté de « l’Or ». Il s’agit en premier lieu d’une quête spirituelle.

C’est ainsi que Nicolas Flamel, en dépit de sa prétendue découverte de l’immortalité, fut malgré tout vaincu par son ennemie ultime le 22 mars 1418. Il avait 88 ans. Quant à sa femme qui l’encouragea toute sa vie dans ses recherches, Pernelle Flamel, elle mourut avant son mari en 1397.

Remarques :

  • La quête de la Pierre Philosophale fut l’origine de bon nombre d’intrigues de romans, quelque soit le genre, un des plus emblématiques étant évidemment le premier tome de la série Harry Potter : Harry Potter à l’école des Sorciers de J.K Rowling.
  • Le personnage de Nicolas Flamel a également été repris récemment dans la saga de Fantasy de Michael Scott : Les Secrets de l’Immortel Nicolas Flamel.
L'hommage de Paris aux Flamel

L’hommage de Paris aux Flamel