Orphée, le musicien à la lyre

Orphée et son épouse Eurydice

Orphée et son épouse Eurydice

Fils du roi Oenagre et de la muse Calliope, Orphée est considéré sans nul doute comme le poète et le musicien le plus remarquable de l’Antiquité. Sa légende l’est tout autant. Cette dernière débuta lorsque le jeune prodige prouva ses aptitudes précoces quant à la musique et à la poésie, à tel point qu’Apollon, le dieu de la lumière et de la musique, lui offrit une lyre spéciale, à sept cordes. Son éducation et sa connaissance des arts furent assurés par sa propre mère ainsi que par les huit sœurs de cette dernière : les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, personnification de la Mémoire. Il est ainsi possible de mentionner dans l’ordre : Calliope, Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie.

En tant que demi-dieu et instruit par les meilleurs, son talent devint très vite incomparable. Jamais on entendit une musique plus belle que celle qui s’élevait de la lyre d’Orphée. La légende prétendait que sa musique charmait les bêtes sauvages, et qu’il pouvait jouer des complaintes si poignantes que les pierres en pleuraient.

Orphée, membre des Argonautes

Orphée, membre des Argonautes

Ainsi, une fois jeune homme, Orphée prit part à un périple fort célèbre de la mythologie grecque : celui de la quête de la Toison d’Or menée par Jason et ses Argonautes. En effet, le fils de Calliope s’embarqua à bord du navire l’Argos pour la Colchide, de même qu’Hercule ou Castor et Pollux, et durant la périlleuse traversée, son aide fit pencher la balance en faveur des Argonautes. Il contrecarra les chants envoûtants des sirènes par le son cristallin de sa lyre. Il galvanisa les rameurs de l’Argos par sa musique tout le long de la traversée, et parvint à apaiser le dragon, gardien de la Toison d’Or, par ses mélodies.

La mort d'Eurydice

La mort d’Eurydice

Toutefois, le mythe d’Orphée s’avère être davantage connu de par la propre odyssée qu’il entreprit pour son seul et unique amour : Eurydice. Esprit de la forêt, Eurydice était une dryade que rencontra Orphée lors de son retour de Colchide. Ils se marièrent peu de temps après, mais leur bonheur fut hélas de courte durée. En effet, un jour, alors qu’elle était pourchassée par un prétendant du nom Aristée, Eurydice marcha malencontreusement sur un serpent venimeux. Le terrible animal lui mordit à la cheville et son poison terrassa la belle qui trépassa dans les bras de son époux.

Dévasté et anéanti par le chagrin, Orphée refusa cette horrible fatalité et décida d’entreprendre un voyage à l’issue on ne peut plus incertaine. C’est ainsi qu’il se présenta aux portes des Enfers dans le but de faire revenir sa belle du monde des morts. A l’instar de Thésée ou d’Ulysse, le fils de Calliope entra le royaume souterrain d’Erèbe et rencontra le sombre passeur Charon, celui qui devait faire traverser les âmes de l’autre côté du Styx.

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Par la beauté déchirante de son ode, Orphée réussit à gagner l’accord du passeur et parvint sans encombre de l’autre côté. Par la suite, Cerbère, l’effroyable gardien des Enfers, fut endormi par la douce berceuse émanant de la lyre à sept cordes. De toutes les créatures monstrueuses des Enfers, Orphée sut s’en protéger par la puissance de sa musique inégalable. Il apaisa même l’espace de quelques instants les tourments des damnés. Il atteignit finalement les portes du palais d’Hadès et se présenta devant le roi d’Erèbe et son épouse, Perséphone, fille de Déméter.

Hadès demanda alors au poète la raison de sa venue. Pour toute réponse, Orphée composa une musique si émouvante et si mélancolique, comme un écho à sa propre douleur, qu’il arracha des larmes au dieu sans âme. Celui-ci, ému par le courage du jeune homme et la pureté de sa musique, autorisa Orphée à ramener Eurydice du monde des morts, à la seule condition que le poète ne regarde jamais celle-ci tant qu’ils ne seraient pas sortis d’Erèbe.

Le fantôme d'Eurydice disparut à jamais

Le fantôme d’Eurydice disparut à jamais

Courageusement, les jeunes époux remontèrent jusqu’à la lumière au bout d’un éreintant périple. Arrivé à la sortie des Enfers, non loin des rayons du Soleil, Orphée, méfiant envers la promesse d’Hadès, ne put s’empêcher de jeter un regard derrière lui afin de vérifier si Eurydice était toujours là.

Et c’est ainsi que l’aède perdit une nouvelle fois son épouse, et ce définitivement.

L’histoire d’Orphée s’acheva de bien triste manière : inconsolable, il parcourut le monde en ne cessant de prononcer le nom de sa bien-aimée pour finir ses jours dans un petit village de Grèce. Là, les femmes du village, jalouses d’un tel amour et rendues folles par la volonté d’Héra, écharpèrent et dévorèrent le poète. Les Muses, horrifiées de cette fin atroce, enterrèrent ses restes au pied du mont Olympe.

Ainsi mourut l’un des artistes les plus formidables de l’Antiquité.

La mort d'Orphée, le poète

La mort d’Orphée, le poète

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Vishnou, le dieu protecteur

Vishnou, le protecteur (2/2)

Vishnou, le dieu protecteur

Vishnou, le dieu protecteur

Suite au précédent article sur le sujet, nous avons dès lors pu voir que Vishnou, divinité hindoue illustrant la préservation du monde, n’intervenait dans le monde des mortels que sous la forme d’entités différentes, et ce uniquement lorsque l’équilibre des choses était en péril. Ces entités portent le nom d’avatars et sont au nombre de 10. Ainsi, suite à la description des cinq premiers dans l’article précédent, à savoir Matsya, Kurma, Varaha, Narasimha et Vamana, nous allons à présent détailler les cinq suivants.

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Parashu-Rama, le guerrier à la hache

Ainsi, le sixième avatar de Vishnou se nommait Parashu-Rama, aussi connu sous l’appellatif Rama à la hache. On le nomma ainsi, car il incarna la vengeance contre une injustice perpétrée par la caste princière, les ksatriyas. En effet, ces derniers par l’intermédiaire de leur roi, Kritaveerya, voulurent dérober la vache sacrée, Kamadhenu, à son propriétaire, le sage, ascète et ermite Jamadagni. La vache avait été un don d’Indra envers cet homme dont la sagesse était si grande. Le roi voulut que le sage la lui vendit, ce dernier refusa, un cadeau divin n’étant pas digne de basses et frauduleuses tractations mercantiles. Avide et offusqué, le roi ordonna à ses hommes de s’emparer du sage et de le jeter en prison jusqu’à ce qu’il décide de lui donner la vache.

Les enfants de Jamadagni, dont faisait partie l’avatar Parashu-Rama, entreprirent de délivrer leur père du joug du roi. Le Rama à la hache s’attaqua alors à la garde royale et les massacra les uns après les autres, puis il fit de même avec Kritaveerya. Il arriva hélas trop tard pour sauver son père, le terrible roi ayant décidé de le décapiter pour s’emparer de la vache d’abondance. Lorsqu’il découvrit le corps de son père, la légende raconte que Parashu-Rama fut à l’auteur d’une des plus sanglantes hécatombes dans les rangs de la caste princière. Il fit couler tant de sang qu’il en remplit cinq lacs entiers.

Rama-Chandra, l'archer

Rama-Chandra, l’archer

Le septième avatar, Rama-Chandra, l’archer héroïque, intervint afin de contrer les desseins du roi des démons, Ravana, qui ayant acquis l’invulnérabilité, voulut faire basculer l’ordre du monde. Les dieux ne parvinrent pas à l’arrêter, car il s’était protégé d’eux, tout comme il s’était immunisé des prières des prêtres. Cependant, dans son orgueil démesuré, Ravana omit de se préserver des humains. Vishnou décida alors d’incarner le fils du roi Dasaratha, roi juste et généreux, mais dépourvu d’héritier.

Ainsi naquit Rama-Chandra. Au cours de ses pérégrinations, le jeune prince rencontra la cour du roi Janaka, qui avait une fille du nom de Sita. Le roi ne souhaitait pas que sa fille soit mariée au premier venu. En effet, il souhaitait avoir pour gendre un homme digne d’elle. Aussi, il amena devant Rama-Chandra le légendaire arc de Shiva, si grand et si lourd que pas moins d’une centaine de personnes durent le porter. Le défi du roi était limpide : seul celui qui serait capable de soulever et de bander l’arc gigantesque aurait le privilège d’obtenir la main de Sita. L’avatar saisit l’arc et le tendit jusqu’à le rompre.

Rama-Chandra contre Ravana

Rama-Chandra contre Ravana

Ainsi, les épousailles de la princesse et du prince eurent lieu, mais l’avenir s’obscurcissait au-dessus du jeune couple. En effet, bien des années plus tard, Sita fut enlevée par le démon Ravana qui l’emporta dans sa forteresse imprenable et inaccessible. Faisant appel aux animaux de la forêt, Rama-Chandra pourchassa le démon, et sous ses ordres, un terrible siège s’ensuivit pour libérer la princesse.

La forteresse du roi-démon se dressait sur une île, hors de portée des hommes du prince. Rama-Chandra demanda la bénédiction des Dieux sur son carquois et les flèches qu’il contenait. Alors, il s’arma d’un arc, et le tendit si fort que sa flèche traversa l’étendue d’eau pour venir se ficher dans la poitrine de Ravana. Ainsi, mourut le démon et Sita parvint à rejoindre son époux.

Krishna, le séducteur

Krishna, le séducteur

Le huitième avatar est un des plus populaires et des plus connus de Vishnou : il portait le nom de Krishna, et son message était l’amour. Il était si beau que même les Sages voulaient le toucher. Espiègle et chapardeur, il n’hésitait pas à commettre quelques rapines sans conséquence. C’était le fils pourchassé d’un roi qui craignait que ses enfants renversent son trône. Aussi, il grandit comme berger. Il créa une flûte ensorceleuse dont les sonorités charmaient la plupart des femmes. C’est de sa naissance que débuta le calendrier hindou, et ses épopées dans la guerre contre les démons furent nombreuses.

Bouddha, l'Eveillé

Bouddha, l’Eveillé

Le neuvième avatar est tout aussi célèbre que Krishna, bien que leurs destinées furent totalement différentes. En effet, Vishnou voulut montrer aux hommes la puissance de la méditation et de la sagesse sous l’incarnation d’un homme : Bouddha ou l’Illuminé. L’histoire raconte qu’il serait né de Mayadevi, reine d’une caste guerrière. Très jeune, il prit épouse et eut de nombreuses autres conquêtes.

Ce n’est que bien plus tard que Bouddha rencontra par hasard et successivement un vieil homme, un moribond ainsi qu’un trépassé. Horrifié par le fragile fil que représentait la vie, il se fit ascète et décida d’arpenter le pays afin de prêcher la sagesse. Après des années, il parvint à atteindre l’Illumination, et devint le Bouddha. En ce qui le concerne, on le nomma aussi l’Éveillé, car sa sagesse réussit à l’extirper du sommeil de l’ignorance, débarrassé de tous les doutes, de tous les vices. Il fut porteur d’une paix infinie et prodigua sa philosophie à ses disciples jusqu’à sa mort.

Bouddha est spécial dans le sens où il est le dernier avatar sous lequel Vishnou se matérialisa dans le monde des hommes.

Il demeure néanmoins un dernier avatar : Kalki, la fin. Cette incarnation n’a pas encore eu lieu mais est inscrite dans les livres sacrés. Elle se produira lorsque l’âge de Bronze, à savoir notre âge, prendra fin. Alors, Vishnou juché sur son destrier blanc, Kalki, et brandissant une épée de flammes arrivera sur la Terre à l’instar d’une comète, et punira les âmes damnées et brisera les démons. Il mettra fin au monde tel que nous le connaissons, et de ses cendres fumantes s’élèvera un monde nouveau, qui inaugurera une nouvelle ère de paix.

Ainsi s’achève l’histoire des dix avatars de Vishnou, le protecteur.

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier

Kalki, le cheval blanc du Jugement Dernier

Osiris, le roi de la renaissance

Osiris, le dieu des morts

Osiris, le dieu des morts

Laissez-moi vous conter une histoire, une des histoires les plus célèbres de l’Egypte ancienne, l’Egypte de la Vallée des Rois. Cette histoire relate la légende du roi des Dieux Osiris, fils de Nout, mère de tous les astres, et de Geb, dieu de la Terre.

Seth, dieu du désert

Seth, dieu du désert

Le dieu Osiris devint le premier pharaon à régner sur la terre d’Egypte, et régna durant de longues années aux côtés de sa sœur et épouse, Isis, la Grande Magicienne. De ce pouvoir absolu, son propre frère, le maléfique Seth, dieu du chaos et de la désolation. En effet, tandis qu’Osiris était le maître des terres fertiles, Seth, lui, s’était vu octroyer le contrôle des terres désertiques d’Egypte. Le dieu en éprouva une rancune tenace et voulut assouvir sa vengeance en assassinant son frère.

Pour cela, il profita de la rentrée victorieuse d’Osiris suite à ses dernières conquêtes. Au beau milieu du festin organisé pour l’occasion, Seth fit amener un grand et magnifique coffre de bois qu’il avait fait fabriquer à la taille d’Osiris. Il proposa à l’assemblée d’offrir ce superbe présent à celui qui parviendrait à s’y tenir.

Isis, la Grande Magicienne

Isis, la Grande Magicienne

C’est ainsi qu’Osiris, une fois que tous les autres conviés avaient essayé, se plaça à son tour à l’intérieur du coffre, et celui-ci lui convint parfaitement. Le dieu maudit, à l’aide de ses 72 acolytes, referma le couvercle et emprisonna sa victime en scellant le coffre. Ils le jetèrent par la suite dans le Nil, où Osiris périt, noyé. C’est ainsi que le premier sarcophage fit son apparition dans la civilisation égyptienne.

Isis, folle de douleur, partit à la recherche du corps de son époux. Elle parvint à retrouver le coffre échoué sur les berges de la Phénicie, et ramener son défunt époux en Egypte dans un lieu secret, loin de la haine de Seth, et entreprit le processus de résurrection.

Horus, le dieu Vengeur

Horus, le dieu Vengeur

Hélas, celui-ci le découvrit lors d’une partie de chasse et fit tout son possible afin d’empêcher l’objectif tant souhaité. La légende raconte que Seth découpa son frère en 14 morceaux, qui furent éparpillés aux quatre coins du pays.

Face à ce désastre, Isis ne se découragea pas et se mit à la recherche des endroits secrets de Seth dans lesquels demeuraient les précieuses reliques. Sa quête dura des décennies. A la suite de quoi, secondée d’Anubis et de son fils Horus, le dieu Vengeur, Isis réalisa le premier embaumement de l’Histoire de l’Egypte, et parvint à ressusciter son mari et lui insuffla le souffle de la vie en battant de ses ailes de milan.

Osiris devint alors le roi du monde des morts et depuis ce temps, c’est à lui que revient la charge de donner la sentence du défunt face à sa confrontation avec la balance de l’âme lors du Jugement Dernier. Seul l’accord d’Osiris permettait au défunt d’accéder aux champs d’Ialou et de reposer en paix.

La résurrection d'Osiris

La résurrection d’Osiris

Leonardo Da Vinci, génie et savant

Léonard de Vinci, l’inventeur

Léonard de Vinci, autoportrait

Léonard de Vinci, autoportrait

Si un seul nom détenait le pouvoir de résumer un pan entier de l’Histoire de l’humanité, ce serait probablement celui de l’inégalable génie italien Léonard de Vinci.

Son simple nom concentre à lui seul un nombre impressionnant de professions : inventeur, artiste-peintre, architecte, savant, médecin, écrivain, sculpteur, astronome, anatomiste, mathématicien, poète, philosophe et ingénieur.

Leonardo Da Vinci, génie et savant

Leonardo Da Vinci, génie et savant

Né le 15 avril 1452 dans la petite bourgade de Vinci près de Florence, Leonardo di ser Piero da Vinci vit le jour au crépuscule du Moyen-Âge, sombre période de l’Histoire notamment au niveau des sciences. Le destin voulut qu’il sonna le glas de cet obscurantisme en prenant part à la formidable expansion de la civilisation que fut la Renaissance.

Pourtant, rien dans ses origines n’aurait laissé supposer le formidable potentiel que cet homme recelait. En effet, fils illégitime d’un notaire et d’une paysanne au nom de Catherina, le jeune Léonard reçut malgré tout une solide éducation qui le mena en 1469 à l’atelier de maître Verrocchio, qui lui enseigna la peinture et la perspective. C’est durant ces années d’apprentissage à Florence que le jeune Léonard débuta l’esquisse de ses propres toiles, dont notamment l’Adoration des Mages, qu’il termina en 1481. Il avait alors 17 ans.

C’est à ses 26 printemps que son maître reconnut que son talent avait largement dépassé le sien. Il avait tout de l’artiste accompli, le monde lui appartenait. Néanmoins, il dut se confronter à un autre peintre et sculpteur extraordinaire, le non moins connu Michel-Ange, plus vieux d’une vingtaine d’année. Léonard parvint cependant à trouver rapidement un mécène à Milan où il demeura durant près de deux décennies.

Les machines volantes de de Vinci

Les machines volantes de de Vinci

Avide de savoir et curieux de tout, sa soif inextinguible le mena vers le monde de l’ingénierie et des sciences, et ce en parallèle de son travail d’artiste. Il commença à rédiger le Codex Atlanticus, un document comprenant plus d’un millier de feuilles. La majeure partie des inventions du génie italien y fut transcrite par ce dernier. Celles-ci étaient innombrables, beaucoup inachevées, la plupart d’entre elles terriblement visionnaires. Ces inventions touchaient plusieurs domaines allant de l’anémomètre à la machine volante en passant par l’ancêtre du tank ou encore le pont amovible.

Machine de guerre de Léonard de Vinci

Machine de guerre de Léonard de Vinci

Sa logique, sa démarche, son raisonnement et sa rigueur scientifiques et novatrices impressionnèrent grandement les savants de l’époque, et ce bien après sa mort. Le grand Galileo Galilei, dit Galilée, par exemple, s’en inspira grandement dans sa quête de la vérité. Ses recherches le menèrent à s’intéresser également à l’anatomie humaine en disséquant secrètement des cadavres, à l’instar d’Ambroise Paré. Ces pratiques étaient formellement interdites par la sainte Inquisition à l’époque et étaient passibles du bûcher, ce qui n’empêcha pas la science de percer davantage les arcanes du corps humain grâce au génie italien. La meilleure preuve de son intérêt pour l’anatomie demeure bien entendu l’Homme de Vitruve illustrant la complexe harmonie du corps humain.

L'Homme de Vitruve

L’Homme de Vitruve

C’est également à travers de cette oeuvre et de beaucoup d’autres que l’inventeur et mathématicien utilisa l’énigmatique nombre d’Or, symbole de la beauté. L’exemple le plus emblématique de cet emploi se retrouve avec sa peinture la plus célèbre : la Joconde. Le célèbre sourire de la Mona Lisa fut peint entre 1503 ou 1506, sur une commande de Franscesco del Giocondo représentant son épouse, Lisa Giocondo (Mona signifiant Madame en ancien italien).

La Joconde de Léonard de Vinci

La Joconde et le nombre d’Or

Véritable phare dans l’histoire de l’art, ce tableau du Louvre détient le mérite d’être connu de tous, la beauté fascinante de cette femme traversant les siècles. D’autres peintures fort célèbres lui sont attribuées, à l’instar de la Cène (1498), la Vierge, Saint-Anne et l’enfant Jésus (1508) ou de la Dame à l’hermine (1490).

Par ailleurs, en tant qu’écrivain, Léonard de Vinci n’était pas en reste. On lui attribue des milliers de notes qu’il rédigea durant toute son existence, dont beaucoup disparurent, victimes du temps. Très tôt, il prit l’habitude de les crypter. En effet, il était nécessaire d’utiliser un miroir et d’en lire le reflet pour que le texte devienne lisible.

Les carnets du génie italien

Les carnets du génie italien

La renommée d’un tel phénomène dépassa rapidement les frontières de l’Italie, et toute sa vie, Léonard de Vinci ne perdit jamais une once de sa célébrité dans toute l’Europe. En 1516, le grand Léonard entra au service de François Ier, humaniste et protecteur des sciences, qui demeura ébloui par tant de génie. Léonard établit par la suite des plans de châteaux pour le roi de France qui n’aboutiront jamais, car le vieil homme était alors fort atteint. Atteint d’une maladie perverse et d’une paralysie d’une de ses mains, il mourut le 2 mai 1519, dans son château d’Amboise.

Le maître ne s’était jamais marié, et on ne lui connaît aucun enfant. L’héritage qu’il laissa ne fut donc point destiné aux siens, mais à la civilisation entière et à la science.

Il avait 67 ans.

Citation de Leonardo da Vinci

Citation de Leonardo da Vinci

L'énigmatique Nostradamus

Nostradamus, le prophète

L'énigmatique Nostradamus

L’énigmatique Nostradamus

Parmi les figures emblématiques de l’étrangeté, Michel de Nostredame, plus connu sous le nom de Nostradamus, occupa une certaine place dans les annales de l’Histoire, à l’instar du docteur anglais John Dee ou de l’écrivain public Nicolas Flamel. De ce personnage à la biographie pour la moins obscure, un enthousiasme et une légende se formèrent, prenant une ampleur considérable au fil des siècles.

Célèbre pour ses vers à l’aspect prophétiques, Nostradamus naquit le 14 décembre 1503 dans la bourgade de Saint-Rémy-de-Provence dans les Bouches-du-Rhône. Fils de notaire, le jeune Michel orienta sa vocation première à l’étude de la Médecine, et devint de ce fait apothicaire de son état. Il commença d’ailleurs sa carrière de médecin par l’épreuve du feu. En effet, la terrible peste noire s’abattit sur le Languedoc autour des années 1520, apportant avec elle les effroyables maux que l’on ne lui connaît que trop bien. L’arrivée de ce fléau épouvantable eut notamment pour conséquence la fermeture de la Faculté de Médecine de Nice, qui rouvrit ses portes une dizaine d’années plus tard. Nostredame y reprendra ses études, mais la vieille maladie n’en avait pas fini avec lui.

Première page d'un des manuscrits de Nostradamus

Première page d’un des manuscrits de Nostradamus

L’histoire raconte que Nostredame ne serait jamais parvenu à obtenir son doctorat à cause de son passé d’apothicaire et de ses tendances un peu trop prononcées pour l’astrologie. Cela ne l’empêcha pas de s’installer à Agen, ville où les habitants se seraient félicités « de posséder un aussi bon médecin ». Le futur Nostradamus se maria en ces lieux et eut alors deux enfants, qui furent tous fauchés dans la fleur de l’âge par la nouvelle épidémie de peste de 1538. A la suite de cette perte terrible, les historiens perdent la trace de ce mystérieux docteur qui parcourait alors la France. Ses pérégrinations se poursuivent hors des frontières du Royaume, en particulier en Italie.

La Reine Catherine de Médicis

La Reine Catherine de Médicis

Ses voyages lui permirent d’acquérir davantage d’expérience face aux ravages de ce fléau. Selon certaines sources, ses nouvelles expérimentations et ses découvertes dans l’hygiène lui permirent d’enrayer assez considérablement la peste dans les villes du Sud de la France, notamment Lyon, Marseille, Aix la Provence …

C’est en 1555, après s’être remarié, que Michel de Nostredame publia son recueil fort célèbre « Centuries » sous la plume de Nostradamus (Nous donnons les choses qui sont nôtres), œuvre colossale dont l’élaboration prit trois décennies qui contenait ces fameux vers prophétiques, basés entre autres sur l’interprétation des astres dans le ciel. Son ouvrage remporta un tel succès qu’il fut convié à la cour de France mandé par la reine Catherine de Médicis, mère de la reine Margot. Ses talents d’astrologue lui permirent de conserver sa place au sein de la famille royale afin qu’il puisse établir les horoscopes des princes.

Parmi les centaines de prophéties que celui-ci écrivit, celle qui fit sa renommée fut le quatrain suivant :

« Le lion jeune le vieux surmontera
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux lui crèvera,
Deux classes une puis mourir mort cruelle. »

Cette sinistre prédiction se matérialisa quatre années après son énonciation lors d’un tournoi avec la mort du roi Henri II, fils de François Ier qui affronta le comte de Montgomery, qui portaient tous les deux des lions en blason héraldique. Henri II reçut la terrible lance de tournoi qui lui transperça l’œil.

La légende prétend qu’il mit plus de dix jours à trépasser.

Le roi Henri II de France

Le roi Henri II de France

De la même manière, Nostradamus prédit sa propre mort et périt la nuit du 2 juillet 1566.
Il était âgé de 62 ans, et ses prophéties continuent à susciter l’exaltation de tous au cours des siècles et même encore aujourd’hui.

Nostradamus et ses secrets

Nostradamus et ses secrets