Typhon, le Dieu maudit

Typhon, l'apocalytique

Typhon, l’apocalyptique

Il est parfois amusant de constater ce que sont devenus aujourd’hui certains mots ou expressions émanant de mythes. Bon nombre d’entre eux ont fait honneur à leur origine « historique ». C’est notamment le cas du Typhon, terrible cyclone sévissant dans les mers de Chine ou du Japon, ravageant tout sur son passage et entraînant dans son sillage son lot de deuils et de destructions.

Il faut savoir que l’attribution de ce nom à ce phénomène climatique n’a rien d’un hasard.

En effet, dans la mythologie grecque, Typhon a réellement existé, et avec les Titans et les Géants, il fut indéniablement l’un des pires ennemis des Dieux, celui qui faillit les détruire à jamais.

Cataclysmique, sa malfaisance est telle que d’aucuns estiment qu’il put inspirer d’autres cultures, comme le christiannisme sous les traits du Diable.

Par ailleurs, Typhon n’est né que du fruit empoisonné de la rancoeur et de la vengeance. Sa mère, Gaïa, mère de la Terre et des Titans éprouvait une haine sans pareille aux Dieux, en particulier envers Zeus, en envoyant les Titans au fin fond du Tartare, suite à la Titanomachie (la guerre entre les Titans et les Dieux de l’Olympe). Pétrie d’amertume, Gaïa s’unit avec ce même Tartare pour concevoir un être né pour semer la terreur et la dévastation : Typhon.

Typhon, le Dieu destructeur

Typhon, le Dieu destructeur

Les descriptions diffèrent à son sujet tant l’étendue de son horreur s’accordait avec le mot « inimaginable ». On raconte que ses yeux n’étaient que deux foyers de brasiers qui pleuraient des larmes de feu. On disait également qu’il atteignait les étoiles tant il était gigantesque, que son bras gauche touchait l’Occident et son bras droit l’Orient. Ses mains étaient pourvues de centaines de têtes de dragons, chacune gémissant un son effroyable et différent. Il grandit en l’espace d’un seul jour jusqu’à s’élever vers l’Olympe.

Avec son épouse Echidna, il donna naissance aux monstres les plus célèbres de la mythologie grecque. Il s’accorde ainsi la paternité de Cerbère, du Sphinx, de l’Hydre de Lerne, de la Chimère, du Lion de Némée, et de bien d’autres.

Il menaça les Dieux de libérer les Titans de leur prison inexpugnable. Zeus l’affronta alors en combat singulier armé de la faucille de Cronos, toutefois Typhon parvint à le désarmer et lui trancha les tendons des bras et des chevilles, avant de le transporter, inerte, dans sa grotte, et d’en confier la garde à sa femme.

Les autres Dieux quittèrent l’Olympe pour se réfugier sur la Terre en se métamorphosant en animaux divers afin d’échapper au terrible Dieu.

Un allié de Zeus parvint à assommer Echidna, puis à guérir les tendons tranchés. C’est alors que le roi des Dieux s’arma de sa foudre et se lança de nouveau à la poursuite de Typhon. Celui-ci, déjà affaibli par la ruse des Moires (divinités du destin), se fit foudroyé par Zeus. Sous l’impact, le monstre se retrouva projeté et enseveli sous un volcan aujourd’hui encore bien connu : l’Etna, et ce pour l’éternité.

La légende raconte que les éruptions incessantes du volcan ne sont autres que les rugissements de rage du Dieu emprisonné depuis des siècles.

Ainsi finit celui qui aurait dévasté le monde et annihilé l’espoir.

Typhon, prisonnier sous le volcan

Typhon, prisonnier sous le volcan

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La redoutable Chimère

La Chimère, l’immolatrice des âmes

La redoutable Chimère

La redoutable Chimère

Créature de cauchemar de la mythologie grecque, la Chimère était synonyme de désolation dans tout le pays, redoutable, terrifiante, que d’aucuns n’hésitaient pas à la qualifier d’immortelle.

Monstre hybride, la Chimère est un des nombreux enfants du couple le plus malfaisant des mythes grecs : Echidna et Typhon. Son corps était composé de trois parties distinctes : d’abord elle était pourvue d’une tête et des pattes de lion, suivie d’un corps de chèvre pour s’achever avec un serpent cracheur de flammes en guise de queue.

La Chimère, fille d'Echidna et de Typhon

La Chimère, fille d’Echidna et de Typhon

Aucun ne pouvait l’approcher sans se faire immoler sur-le-champ par cette engeance monstrueuse.

Chargé par le roi de Lycie de terrasser la bête, un jeune demi-dieu du nom de Bellérophon, fils de Poséïdon et d’Eurynomé, entreprit de vaincre le monstre en ayant recours à un autre animal mythique : Pégase.

Le cheval ailé était le seul pouvant échapper aux flammes ardentes de la Chimère. Aussi, Bellérophon tenait son unique chance de revenir victorieux.

Toutefois, fallait-il encore parvenir à dompter le fameux Pégase. Il reçut ainsi de l’aide de la part de la déesse Athéna, qui lui offrit une bride en or, la seule capable de maîtriser un coursier aussi fougueux.

Le valeureux Bellérophon réussit ainsi à dompter Pégase, et vêtu de son armure, il partit rejoindre la Chimère.

Bellérophon contre la Chimère

Bellérophon contre la Chimère

Un terrible combat s’ensuivit alors, le jeune héros attaquant l’effroyable créature par la voie des airs, échappait à une mort certaine.

Hélas, ses assauts furent vains, la créature calcinant toutes les lances qu’il lui envoyées. Aussi, Béllerophon eut l’idée d’utiliser ces flammes à son avantage.

En effet, après une ultime attaque frontale, il jeta un bloc de plomb dans la gueule béante de la Chimère. Le souffle ardent et destructeur du monstre fit fondre le plomb qui s’écoula au fur et à mesure dans les entrailles de la créature. Un rugissement effroyable émana du monstre agonisant, et finalement, elle trépassa dans d’horribles souffrances.

C’est ainsi que Bellérophon remporta la victoire face à la Chimère, et c’est également ainsi qu’il commença à développer une estime de sa personne démesurée.

Bellérophon contre la Chimère

Bellérophon contre la Chimère

Un jour, avec Pégase comme monture, il voulut atteindre le firmament interdit aux mortels, là où résident les Dieux. Ces derniers, furieux qu’il fasse preuve d’un orgueil si exacerbé, lui envoyèrent un taon qui effraya le cheval ailé lors de son ascension.

Bellérophon chuta alors de sa monture, et mourut ainsi, puni d’avoir cru se croire à la portée des Dieux.