Le légendaire Dragon

Le Dragon, l’immortel parmi les immortels

Le légendaire Dragon

Le légendaire Dragon

Si une créature mythologique a bien échappé aux ravages des siècles et à l’oubli de l’Histoire, c’est bien le dragon.

Monstre fabuleux présent dans la quasi-totalité des civilisations, il est source de centaines d’interprétations possibles de par le monde. Malfaisant en Occident, bienfaiteur en Orient, il est propre à chaque culture tout en étant universel, le symbole même du paradoxe.

Aux origines on retrouve la présence de ces animaux stupéfiants, caractérisés déjà à l’époque par leur aspect protecteur et gardien de trésor.

Jason terrassant le dragon de la Toison d'Or

Jason terrassant le dragon de la Toison d’Or

Sans pour autant posséder d’ailes comme leurs confrères médiévaux, les dragons grecs s’assimilent à de très grands serpents à la peau écailleuse, terrorisant au-delà des mots les rares qui les approchaient. Parmi nombre d’entre eux, on retrouve Ladon, le gardien de l’arbre aux pommes d’or du jardin des Hespérides, qui possédait cent têtes, chacune parlant une langue différente. Il y eut également l’Hydre de Lerne, terrassé par le même héros : Hercule. Moins connu, il est possible de mentionner le dragon de Colchide, protecteur de la toison d’Or, que Jason parvint à occire, tout comme le dragon que Cadmos dut vaincre pour protéger la ville de Thèbes.

Ses allusions à ces serpents frappés de gigantisme reviennent également dans d’autres civilisations, antérieures ou postérieures, comme chez les Égyptiens avec Apophis, ou encore dans le christianisme avec le Léviathan.

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Néanmoins, l’épisode, certainement le plus marquant, dans la religion chrétienne faisant référence au dragon concerne le combat entre Saint Georges contre le Dragon, au symbolisme très important, prônant notamment la force de la lumière contre l’obscurité du Mal.

Par ailleurs, la mythologie nordique comprend aussi un certain nombre de légendes sur les dragons, à l’instar de Fafnir, ou encore de Nidhögg, considérant ces créatures comme maléfiques et destructrices. En effet, une vieille légende nordique indique que la fin du monde, le « Ragnarok », débutera avec le réveil du monstrueux Nidhögg et du terrible Fenrir.

Le Dragon Celte

Le Dragon Celte

Pour les romains et les celtes, la cruauté du dragon laissait place à la férocité et au courage dont cet animal faisait preuve lors de ses combats. Le père du légendaire roi Arthur, Uther Pendragon, en avait fait d’ailleurs son propre blason, « Pendragon » signifiant « fils de dragon ».

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

C’est au Moyen-Age que le dragon, tel qu’il est connu de nos jours, fit son apparition, accompagné de sa sinistre réputation. En effet, rapidement assimilé au Malin, le dragon déploya ses ailes démesurées comme une ombre sur le continent, déjà plongé dans un profond obscurantisme. Calcinant tout de son souffle brûlant, il devint l’ennemi le plus redoutable à combattre parmi les monstres mythologiques de l’époque. De nombreuses gargouilles conçues à cette époque ont ainsi représenté la terreur qu’il inspirait.

Il est amusant de constater que l’honneur attribué au dragon du côté du continent asiatique diffère totalement de cette terreur à son égard. Le dragon chinois, notamment, vénéré pour sa sagesse et son courage représentait les armoiries de l’empereur.

Le Dragon Asiatique

Le Dragon Asiatique

Au long corps sinueux, le dragon chinois symbolisait un esprit de la nature, et était à la base rallié à la terre, qu’il arpentait de ses pattes griffues, avant de s’élever par la suite dans les cieux, accédant aux savoirs éternels.

Fléau pour certains, sage pour les autres, son omniprésence est de celles qui rendent perplexes. Quoiqu’il en soit, son aura de mystère en fait une des créatures mythologiques les plus connues à travers le monde.

Bien plus proche de nous, la littérature de la Fantasy actuelle regorge de ces animaux fabuleux, dont les histoires sont d’ailleurs devenues des best-sellers incontournables.

Citons entre autres :

– La Saga Eragon avec la dragonne aux écailles bleutées Saphira de Christopher Paolini.
Chroniques du Monde Émergé avec Nihal de la Terre du Vent et son dragon de Licia Troisi.
Harry Potter et la Coupe de feu lors de son combat dans l’arène, de J.K Rowling.
Bilbo le Hobbit avec Smaug le désolateur de J.J.R Tolkien.

Et bien d’autres !

Saphira, la dragonne bleue

Saphira, la dragonne bleue

La désolation de Smaug

La désolation de Smaug

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Fafnir, l'insatiable

Fafnir, le vénal

Fafnir, l'insatiable

Fafnir, l’insatiable

Protagoniste se référant à la mythologie nordique, Fafnir était au départ un prince, tout comme son frère, Regin.

L’histoire raconte que leur père avait autrefois hérité d’un trésor aux fabuleuses richesses, ainsi que d’un anneau en or appartenant au roi des nains, le maître orfèvre Alberich. Ce même anneau avait été dérobé à son légitime propriétaire il y avait bien des décennies de cela, et c’est pourquoi Alberich avait maudit son anneau, lui et tous ceux qui le porteraient. Leur destinée serait alors entachée par le sang et l’angoisse éternelle.

Or, les deux princes, fourbes et cupides, perpétuèrent la sombre prédiction en assassinant leur propre père et en s’emparant du trésor. Fafnir, encore plus ténébreux que son frère, trahit ce dernier, et transporta l’intégralité de ses richesses dans le fond d’une grotte, dont il garda l’entrée nuit et jour.

Au fil des journées qui suivirent, la malédiction du roi nain s’abattant sur Lui, Fafnir commença à se métamorphoser : sa peau se recouvrit d’écailles, il devint gigantesque, et son souffle aussi brûlant que celui d’un volcan.

Pétri de haine et d’avidité, il se mua finalement en dragon gigantesque, tellement énorme qu’il bloquait l’entrée de la grotte qu’il gardait.

Son frère, Regin, ne se laissa pas pour autant abattre, et chercha la personne qui pourrait vaincre le monstre. Il forgea une épée unique, capable de percer la peau de Fafnir, et commença ses recherches. Celles-ci le menèrent finalement vers tout jeune héros, prometteur d’une grande destinée. Ce jeune homme s’appelait Siegfried. Regin parvint à convaincre Siegfried d’affronter le dragon à l’aide de l’épée.

Siegfried contre Fafnir

Siegfried contre Fafnir

Trop imposant pour être affronté de face, le jeune héros décida d’étudier son ennemi, et remarqua que le dragon ne quittait son poste que pour aller s’abreuver à un lac non loin. Profitant d’une de ces rares occasions, Siegfried se positionna juste à l’entrée de la grotte, creusa un trou dans le sol, et se couvrit de feuilles de telle sorte à ce qu’il soit totalement dissimulé, et attendit son retour.

Lorsque Fafnir revint vers de sa tanière, le héros planta l’épée de Regin au milieu du flanc du dragon. Blessé atrocement, Fafnir lutta malgré tout lors d’un âpre combat en ravageant et brûlant tout sur son passage. Le sang du dragon macula le bouclier et l’armure du jeune héros, à tel point que par inadvertance, il goûta le sang de Fafnir.

« Je sais que Regin est à l’origine de ma mort », gronda le dragon se sentant au bord de l’agonie, « mais je sais qu’il sera à l’origine de la tienne, et j’en suis bien content. »

Siegfried asséna un ultime coup au monstre, et Fafnir mourut. Le perfide Regin voulut alors se débarrasser de son élève afin de garder le trésor pour lui seul.

Le jeune héros Siegfried

Le jeune héros Siegfried

 

Fort heureusement, par le sang magique du monstre, Siegfried se rendit compte qu’il pouvait à présent comprendre le pépiement des oiseaux, et ceux-ci l’avertirent de la fourberie de son mentor.

Le jeune héros pourfendit Regin, récupéra le trésor, et partit vers de nouvelles quêtes. Hélas, la sombre malédiction de l’anneau ne s’était pas pour autant éteinte, mais cela est une autre histoire …

 

 

Remarques :

  • Il est amusant de constater que l’histoire de Fafnir n’est pas sans rappeler celle d’un autre protagoniste beaucoup plus contemporain de la Fantasy : celle du tristement célèbre Gollum de Tolkien, jadis Sméagol, corrompu et avili par l’anneau unique.
  • Notons également qu’il est insolite de retrouver le héros Siegfried mentionné dans le film de Quentin Tarantino, Django Unchained, lorsque le docteur King Shultz raconte à Django la légende de Siegfried et de sa belle Brunhilde.