Le serpent Nidhögg

Nidhögg, le fléau éternel

Le serpent Nidhögg

Le serpent Nidhögg

A l’instar du serpent Jörmungandr ou du loup Fenrir, le Nidhögg, « Celui qui frappe férocement », était considéré dans la mythologie scandinave comme une des créatures dont le réveil sonnerait le Ragnarok, soit l’Apocalypse nordique.

En effet, parmi tous les monstres de cauchemar qui hantent cette cosmologie mythique, le Nidhögg est, la plupart du temps, représenté sous la forme d’un serpent gigantesque aux anneaux demesurés.

Yggrasild, l'Arbre-Monde

Yggrasild, l’Arbre-Monde

Afin de mieux saisir son rôle, il faut avant tout préciser davantage comment la mythologie scandinave représente l’Univers. En vérité, selon les légendes, ce dernier est agencé sous la forme d’un arbre, Yggrasild. Ce frêne est communément appelé l’Arbre-Monde, car à chacune de ses neuf parties correspond un monde différent. Mentionnons simplement les trois principaux que l’on retrouve dans toutes les mythologies : Asgard, Midgard, et le Niflheim.

Le premier, Asgard, se situe à la cime d’Yggrasild et se rapporte à l’Olympe grecque. Il s’agit effectivement du monde des Dieux, nommés les Ases, où siègeait le Valhalla, le château aux 640 portes, depuis duquel le roi des Ases, Odin, régne.

Le second, Midgard, s’avére être le monde des mortels et se positionne au niveau du tronc d’Yggrasild, à la frontière entre les plus hautes branches et les profondes racines, toujours à la limite entre les cieux inacessibles et les Enfers chtoniens.

Le Niflheim, l'Enfer de glace

Le Niflheim, l’Enfer de glace

C’est au niveau de ces dernières que se trouvent le reste des autres mondes, chaque racine menant vers un en particulier. Cette partie souterraine constitue le Niflheim, « le monde des morts », là où est emprisonné le Nidhögg depuis l’aube des temps, dont le corps sinueux serpente éternellement parmi l’entrelacs complexe des racines d’Yggrasild.

Sempiternelle facette du chaos régissant l’Univers, le Nidhögg a pour habitude de ronger les différentes racines qui relient les mondes au frêne grandiose. La légende raconte également qu’il se repaît aussi des âmes de ceux qui se sont définitivement comportés de manière indigne pour un guerrier.

Le Nidhögg attaquant perpétuellement les racines du frêne

Le Nidhögg attaquant perpétuellement les racines du frêne cosmique

Lors du dernier jour de la Création, une prophétie prédit qu’Yggrasild s’écroulerait, et sous lui, la voûte céleste de l’Univers s’effondrerait de la même manière, libérant le Nidhögg. Celui-ci s’enroulerait autour de la Terre et le broierait dans son étreinte d’acier.

Proues des drakkars

Proues des drakkars

Il existe un détail curieux à ce propos : les vikings employaient souvent une tête de dragon difforme ayant des apparentés avec un serpent à la proue de leurs drakkars afin de semer davantage la peur. Y a-t-il un lien ? La question demeure sujette à caution.

Toutefois, il est amusant de remarquer à quel point l’usage du serpent, symbole de l’Apocalypse, est récurrent dans la plupart des mythologies. Celui le plus similaire au Nidhögg demeure très probablement l’Apophis égyptien. Le Python grec fait également penser à ce serpent monstrueux aux anneaux gigantesques.

Le Léviathan biblique a également comme similitude cet aspect de valet de l’Apocalypse, ou même le fameux serpent du jardin d’Eden, chassant Adam et Eve du paradis.

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Le légendaire Dragon

Le Dragon, l’immortel parmi les immortels

Le légendaire Dragon

Le légendaire Dragon

Si une créature mythologique a bien échappé aux ravages des siècles et à l’oubli de l’Histoire, c’est bien le dragon.

Monstre fabuleux présent dans la quasi-totalité des civilisations, il est source de centaines d’interprétations possibles de par le monde. Malfaisant en Occident, bienfaiteur en Orient, il est propre à chaque culture tout en étant universel, le symbole même du paradoxe.

Aux origines on retrouve la présence de ces animaux stupéfiants, caractérisés déjà à l’époque par leur aspect protecteur et gardien de trésor.

Jason terrassant le dragon de la Toison d'Or

Jason terrassant le dragon de la Toison d’Or

Sans pour autant posséder d’ailes comme leurs confrères médiévaux, les dragons grecs s’assimilent à de très grands serpents à la peau écailleuse, terrorisant au-delà des mots les rares qui les approchaient. Parmi nombre d’entre eux, on retrouve Ladon, le gardien de l’arbre aux pommes d’or du jardin des Hespérides, qui possédait cent têtes, chacune parlant une langue différente. Il y eut également l’Hydre de Lerne, terrassé par le même héros : Hercule. Moins connu, il est possible de mentionner le dragon de Colchide, protecteur de la toison d’Or, que Jason parvint à occire, tout comme le dragon que Cadmos dut vaincre pour protéger la ville de Thèbes.

Ses allusions à ces serpents frappés de gigantisme reviennent également dans d’autres civilisations, antérieures ou postérieures, comme chez les Égyptiens avec Apophis, ou encore dans le christianisme avec le Léviathan.

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Saint Georges contre le Dragon (Rubens)

Néanmoins, l’épisode, certainement le plus marquant, dans la religion chrétienne faisant référence au dragon concerne le combat entre Saint Georges contre le Dragon, au symbolisme très important, prônant notamment la force de la lumière contre l’obscurité du Mal.

Par ailleurs, la mythologie nordique comprend aussi un certain nombre de légendes sur les dragons, à l’instar de Fafnir, ou encore de Nidhögg, considérant ces créatures comme maléfiques et destructrices. En effet, une vieille légende nordique indique que la fin du monde, le « Ragnarok », débutera avec le réveil du monstrueux Nidhögg et du terrible Fenrir.

Le Dragon Celte

Le Dragon Celte

Pour les romains et les celtes, la cruauté du dragon laissait place à la férocité et au courage dont cet animal faisait preuve lors de ses combats. Le père du légendaire roi Arthur, Uther Pendragon, en avait fait d’ailleurs son propre blason, « Pendragon » signifiant « fils de dragon ».

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

Le dragon Occidental, cracheur de feu et désolateur

C’est au Moyen-Age que le dragon, tel qu’il est connu de nos jours, fit son apparition, accompagné de sa sinistre réputation. En effet, rapidement assimilé au Malin, le dragon déploya ses ailes démesurées comme une ombre sur le continent, déjà plongé dans un profond obscurantisme. Calcinant tout de son souffle brûlant, il devint l’ennemi le plus redoutable à combattre parmi les monstres mythologiques de l’époque. De nombreuses gargouilles conçues à cette époque ont ainsi représenté la terreur qu’il inspirait.

Il est amusant de constater que l’honneur attribué au dragon du côté du continent asiatique diffère totalement de cette terreur à son égard. Le dragon chinois, notamment, vénéré pour sa sagesse et son courage représentait les armoiries de l’empereur.

Le Dragon Asiatique

Le Dragon Asiatique

Au long corps sinueux, le dragon chinois symbolisait un esprit de la nature, et était à la base rallié à la terre, qu’il arpentait de ses pattes griffues, avant de s’élever par la suite dans les cieux, accédant aux savoirs éternels.

Fléau pour certains, sage pour les autres, son omniprésence est de celles qui rendent perplexes. Quoiqu’il en soit, son aura de mystère en fait une des créatures mythologiques les plus connues à travers le monde.

Bien plus proche de nous, la littérature de la Fantasy actuelle regorge de ces animaux fabuleux, dont les histoires sont d’ailleurs devenues des best-sellers incontournables.

Citons entre autres :

– La Saga Eragon avec la dragonne aux écailles bleutées Saphira de Christopher Paolini.
Chroniques du Monde Émergé avec Nihal de la Terre du Vent et son dragon de Licia Troisi.
Harry Potter et la Coupe de feu lors de son combat dans l’arène, de J.K Rowling.
Bilbo le Hobbit avec Smaug le désolateur de J.J.R Tolkien.

Et bien d’autres !

Saphira, la dragonne bleue

Saphira, la dragonne bleue

La désolation de Smaug

La désolation de Smaug

Le loup Fenrir

Fenrir, la terreur des Ases

Fenrir, le loup gigantesque et terrifiant

Fenrir, le loup gigantesque et terrifiant

Si jamais un nom a bien terrifié les scandinaves, c’est bien celui du loup Fenrir, issu de la mythologie nordique. Fils de Loki et de la géante Angerboda, il fut élevé à Asgard (le monde des Dieux), par les Ases (Dieux nordiques). Il devint par la suite un loup gigantesque et monstrueux, de plus en plus violent, de plus en plus agressif envers les Dieux. Bientôt, sa haine et sa puissance effrayèrent les Dieux, qui se rendirent compte de leur erreur, et voulurent le mettre hors d’état de nuire, avant qu’il ne ravage Asgard.

Le Loup scandinave Fenrir

Le Loup scandinave Fenrir

Ils tentèrent de l’entraver à plusieurs reprises, mais chaque fois, la force prodigieuse de Fenrir faisait voler en éclat toutes les chaînes. Alors, ils dépêchèrent un messager aux Elfes Noirs du Svartalaheim afin qu’ils conçoivent une chaîne indestructible. Façonnée et fabriquée à partir des matériaux les plus rares qu’il puisse exister, les Elfes Noirs offrirent aux Ases une chaîne de la forme d’un ruban noir très fin et d’une douceur extrême. Méfiant quant à ce nouveau défi, Fenrir attrapa dans sa gueule la main du Dieu Tyr (Dieu du ciel et de la guerre), et jura qu’à la moindre fourberie de la part des Ases, il trancherait de ses crocs la main en question.

Ragnarok, la libération de Fenrir

Ragnarok, la libération de Fenrir

 

 

 

Constatant par la suite qu’il ne pouvait se défaire du ruban de soie, il tint sa promesse en rugissant sa haine envers les Dieux. Depuis ce temps, Fenrir demeure enchaîné à un rocher colossal hurlant au monde sa fureur.

 

La légende veut qu’à l’heure du Ragnarok, la fin des Temps scandinave, Fenrir parvienne enfin à se libérer de ses entraves, et à réduire Asgard en poussière.