Méduse, le cauchemar éternel

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Méduse, l’abomination des Hommes

Parmi les créatures de cauchemars qui ont peuplé la mythologie grecque, une des plus célèbres demeure sans conteste la terrifiante gorgone du nom de Méduse.
Monstre terrible, son nom est souvent associé à un autre, celui qui parvint à la terrasser : le preux héros Persée. Le début de cette légende remonte à bien longtemps, lorsque Méduse était encore une belle jeune femme, aimée de tous, des Dieux comme des hommes.

Malheureusement, elle fit preuve d’hubris en clamant haut et fort que sa beauté était plus grande que celle de la déesse Athéna. Celle-ci, folle de rage, métamorphosa l’insolente en commençant par ses magnifiques cheveux qui devinrent des vipères, son corps se pourvut d’écailles, et quiconque croiserait son regard jadis inoubliable serait immédiatement pétrifié en pierre.

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La punition d’Athéna

Horrifiée par son apparence, Méduse éprouva alors une haine sans pareille envers les hommes, progénitures des Dieux. Elle rejoignit ses deux sœurs, Sthéno et Euryale, toutes deux immortelles, aux confins de l’Orient, au pays des Hespérides.

La sinistre trinité sema la terreur et la désolation pendant des décennies. Il n’est guère surprenant de comprendre pourquoi. Les descriptions diffèrent, mais certains points s’avèrent récurrents : on racontait qu’elles étaient dotées d’ailes, de mains de bronze et d’un corps de serpent.

L’histoire de Persée est plus complexe. Fils de Zeus et de la princesse Danaé, sa naissance résonnait en écho avec un destin qui impliquait directement Acrisios, le père de Danaé. En effet, le roi Acrisios avait reçu la sombre prophétie suivante : « Tu n’auras pas de fils et ton petit-fils te tuera. »

Terrifié par cette prédiction, le roi enferma sa fille dans une grande tour, gardée par de féroces sentinelles. Zeus parvint à rejoindre la belle Danaé en se transformant en une pluie d’or. Lorsque Acrisios l’apprit, il n’osa pas occire de sa propre main sa descendance et enferma sa fille et son petit-fils, Persée, dans un coffre scellé qu’il jeta dans l’océan.

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Danaé et son fils, sauvés par un pêcheur

La mère et l’enfant furent sauvés in extremis par un pécheur, qui les plaça sous l’asile de son roi Polydectès. Le fils devint grand, et protégea sa mère des avances de plus en plus prononcées de Polydectès. Celui-ci, afin de se débarrasser de Persée, lui ordonna de tuer Méduse, et de ramener une preuve de son exploit. Le fils de Zeus fut aidé des autres dieux dans sa quête, qui lui apportèrent chacun un objet magique. C’est ainsi qu’Athéna lui offrit un bouclier lisse comme un miroir, qu’Hermès lui donna une serpe tranchante, des sandales ailées, le casque d’invisibilité d’Hadès et un sac de cuir magique. La déesse de la Sagesse conseilla au demi-dieu de se renseigner auprès des Grées quant à la manière de tuer la Gorgone et d’en ressortir vivant.

Les Grées font certainement partie des créatures les plus laides de la mythologie. Il s’agissait de trois sœurs qui étaient venues au monde vieilles : Enyo, Dino et Pemphrèdo. Elles n’avaient qu’un œil qu’elles se partageaient à tour de rôle. En revanche, elles connaissaient toutes les réponses. En vérité, leur monstruosité était à la mesure de leur omniscience. Persée les força à lui révéler ce qu’elles savaient en les privant de leur œil unique.

Elles lui révélèrent que le bouclier lisse comme un miroir lui permettrait de voir le reflet de Méduse sans en être pétrifié. Il suivit leur conseil et alla à la rencontre des trois gorgones. Devant l’antre, il jucha le casque d’invisibilité qui lui permit de passer inaperçu et de les approcher suffisamment près. Le bouclier permit au jeune héros d’éviter le regard mortel de Méduse. A l’aide de la serpe, il trancha la tête de l’horrible gorgone et la cacha immédiatement dans le sac.

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Andromède, livrée au monstre marin

Sur la route du retour, Persée rencontra la jeune Andromède, qui était attachée à un rocher, livrée en sacrifice à un monstre marin. Persée utilisa la tête de la gorgone pour pétrifier le monstre et ensemble, ils allèrent devant Polydectès et ses vassaux. Le roi, furieux que son beau-fils soit revenu vivant, ordonna à ses sbires de s’en débarrasser. Persée montra alors la preuve de son exploit en dévoilant la tête de Méduse à ses assaillants. Le roi et ses sujets se changèrent alors en pierre.

Une fois n’est pas coutume : l’histoire de ce grand héros se conclut sur une note heureuse. Le fils de Zeus régna le restant de sa vie sur le royaume de Polydectès, avec pour épouse la belle Andromède et pour conseillère sa mère Danaé.

Ainsi vécut Méduse, maudite par les Dieux et son grand ennemi Persée, le pourfendeur de Gorgones.

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Persée tenant la tête de Méduse

Orphée, le musicien à la lyre

Orphée et son épouse Eurydice

Orphée et son épouse Eurydice

Fils du roi Oenagre et de la muse Calliope, Orphée est considéré sans nul doute comme le poète et le musicien le plus remarquable de l’Antiquité. Sa légende l’est tout autant. Cette dernière débuta lorsque le jeune prodige prouva ses aptitudes précoces quant à la musique et à la poésie, à tel point qu’Apollon, le dieu de la lumière et de la musique, lui offrit une lyre spéciale, à sept cordes. Son éducation et sa connaissance des arts furent assurés par sa propre mère ainsi que par les huit sœurs de cette dernière : les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, personnification de la Mémoire. Il est ainsi possible de mentionner dans l’ordre : Calliope, Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie.

En tant que demi-dieu et instruit par les meilleurs, son talent devint très vite incomparable. Jamais on entendit une musique plus belle que celle qui s’élevait de la lyre d’Orphée. La légende prétendait que sa musique charmait les bêtes sauvages, et qu’il pouvait jouer des complaintes si poignantes que les pierres en pleuraient.

Orphée, membre des Argonautes

Orphée, membre des Argonautes

Ainsi, une fois jeune homme, Orphée prit part à un périple fort célèbre de la mythologie grecque : celui de la quête de la Toison d’Or menée par Jason et ses Argonautes. En effet, le fils de Calliope s’embarqua à bord du navire l’Argos pour la Colchide, de même qu’Hercule ou Castor et Pollux, et durant la périlleuse traversée, son aide fit pencher la balance en faveur des Argonautes. Il contrecarra les chants envoûtants des sirènes par le son cristallin de sa lyre. Il galvanisa les rameurs de l’Argos par sa musique tout le long de la traversée, et parvint à apaiser le dragon, gardien de la Toison d’Or, par ses mélodies.

La mort d'Eurydice

La mort d’Eurydice

Toutefois, le mythe d’Orphée s’avère être davantage connu de par la propre odyssée qu’il entreprit pour son seul et unique amour : Eurydice. Esprit de la forêt, Eurydice était une dryade que rencontra Orphée lors de son retour de Colchide. Ils se marièrent peu de temps après, mais leur bonheur fut hélas de courte durée. En effet, un jour, alors qu’elle était pourchassée par un prétendant du nom Aristée, Eurydice marcha malencontreusement sur un serpent venimeux. Le terrible animal lui mordit à la cheville et son poison terrassa la belle qui trépassa dans les bras de son époux.

Dévasté et anéanti par le chagrin, Orphée refusa cette horrible fatalité et décida d’entreprendre un voyage à l’issue on ne peut plus incertaine. C’est ainsi qu’il se présenta aux portes des Enfers dans le but de faire revenir sa belle du monde des morts. A l’instar de Thésée ou d’Ulysse, le fils de Calliope entra le royaume souterrain d’Erèbe et rencontra le sombre passeur Charon, celui qui devait faire traverser les âmes de l’autre côté du Styx.

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Par la beauté déchirante de son ode, Orphée réussit à gagner l’accord du passeur et parvint sans encombre de l’autre côté. Par la suite, Cerbère, l’effroyable gardien des Enfers, fut endormi par la douce berceuse émanant de la lyre à sept cordes. De toutes les créatures monstrueuses des Enfers, Orphée sut s’en protéger par la puissance de sa musique inégalable. Il apaisa même l’espace de quelques instants les tourments des damnés. Il atteignit finalement les portes du palais d’Hadès et se présenta devant le roi d’Erèbe et son épouse, Perséphone, fille de Déméter.

Hadès demanda alors au poète la raison de sa venue. Pour toute réponse, Orphée composa une musique si émouvante et si mélancolique, comme un écho à sa propre douleur, qu’il arracha des larmes au dieu sans âme. Celui-ci, ému par le courage du jeune homme et la pureté de sa musique, autorisa Orphée à ramener Eurydice du monde des morts, à la seule condition que le poète ne regarde jamais celle-ci tant qu’ils ne seraient pas sortis d’Erèbe.

Le fantôme d'Eurydice disparut à jamais

Le fantôme d’Eurydice disparut à jamais

Courageusement, les jeunes époux remontèrent jusqu’à la lumière au bout d’un éreintant périple. Arrivé à la sortie des Enfers, non loin des rayons du Soleil, Orphée, méfiant envers la promesse d’Hadès, ne put s’empêcher de jeter un regard derrière lui afin de vérifier si Eurydice était toujours là.

Et c’est ainsi que l’aède perdit une nouvelle fois son épouse, et ce définitivement.

L’histoire d’Orphée s’acheva de bien triste manière : inconsolable, il parcourut le monde en ne cessant de prononcer le nom de sa bien-aimée pour finir ses jours dans un petit village de Grèce. Là, les femmes du village, jalouses d’un tel amour et rendues folles par la volonté d’Héra, écharpèrent et dévorèrent le poète. Les Muses, horrifiées de cette fin atroce, enterrèrent ses restes au pied du mont Olympe.

Ainsi mourut l’un des artistes les plus formidables de l’Antiquité.

La mort d'Orphée, le poète

La mort d’Orphée, le poète

Le Minotaure du Labyrinthe

Le Minotaure, l’effroi des innocents

Le Minotaure du Labyrinthe

Le Minotaure du Labyrinthe

Parmi les mythes les plus célèbres de la mythologie grecque, un des emblématiques demeure celui du célèbre monstre mi-homme mi-taureau qu’est le Minotaure. Son histoire et son ascendance remontaient au règne du roi de Crète Minos. Minos, fils de Zeus et de la princesse phénicienne Europe, régnait depuis son palais somptueux érigé dans la ville de Cnossos. Il avait pris pour épouse Pasiphaé, fille de Hélios, le Soleil, et eut plusieurs enfants dont notamment Ariane et Phèdre.

Le Labyrinthe de Dédale

Le Labyrinthe de Dédale

C’était un roi juste qui gouvernait avec la plus grande sagesse. Toutefois, il offensa Poséïdon, lorsqu’il voulut prouver à tous qu’il détenait l’aval des Dieux. En effet, le dieu de la Mer exauça son souhait en faisant surgir des marées d’écume un magnifique taureau blanc. Le roi de Crète commit alors l’erreur de conserver le sublime présent et de sacrifier à la place un autre taureau. Offensé par une telle insulte, Poséïdon se vengea en insufflant à sa femme une passion irrationnelle et dévorante pour ce même taureau blanc. De cette union, naquit un être de cauchemar : le Minotaure.

Aussi grand que deux hommes, être hybride à la tête de taureau et au corps d’humain, cette créature monstrueuse jeta son ombre malfaisante sur le règne du roi crétois. Horrifié par le fruit de cette relation « adultère », Minos consulta l’oracle de Delphes qui lui conseilla de construire une prison inviolable pour cette progéniture. Le roi de Crète fit appel alors à l’architecte et inventeur de génie Dédale, qui bâtit le Labyrinthe.

La pelote de fil que donna Ariane à Thésée

La pelote de fil que donna Ariane à Thésée

Afin de nourrir la terrible bête, Minos força les rois des autres provinces à lui apporter en tribut tous les neuf ans quatorze adolescents, sept garçons et sept filles, tous de sang noble. Ce fut notamment le cas du roi d’Athènes Egée, dont le fils se porta volontaire et ce dans le but de terrasser le monstre. Ce jeune héros s’appelait Thésée. Le roi Egée fit promettre à son fils de changer la couleur de la voile de son navire lors de son retour : noire si Thésée avait péri, blanche si le monstre avait été terrassé.

Arrivés à Cnossos, les jeunes sacrifiés furent présentés à Minos durant d’un somptueux festin. Lors de ce dernier, le jeune prince rencontra les deux filles du roi. Il tomba amoureux de Phèdre, mais cet amour, en premier lieu, ne fut pas réciproque. En revanche, le cœur d’Ariane s’embrasa pour Thésée, à tel point qu’elle voulut l’aider à échapper à la mort atroce qui l’attendait le lendemain. Pour ce faire, elle demanda conseil à Dédale qui lui proposa une solution. Elle donna ainsi au jeune prince une pelote de laine.

Le combat entre Thésée et le Minotaure

Le combat entre Thésée et le Minotaure

Le lendemain, les sacrifiés entrèrent dans le Labyrinthe, et Thésée en profita pour y attacher le bout de sa ficelle, et déroula ainsi le fil tout au long de son avancée. Un affrontement sanglant eut lieu dans les coursives du Labyrinthe entre le Minotaure et Thésée, qui parvint finalement à occire le monstre avec son épée. Ainsi périt l’ignoble progéniture de Pasiphaé. Grâce au fil d’Ariane, le jeune héros put retrouver son chemin vers la sortie, sans quoi, il aurait erré pendant des décennies dans ce méandre sans fin de couloirs.

Il quitta la Crète clandestinement en emportant dans sa fuite Ariane qui lui avait sauvé la vie. Cependant, cette histoire ne s’acheva guère sur une bonne note. En effet, durant le retour de Thésée en Grèce, celui-ci s’arrêta sur l’île de Naxos où il reprit la mer en abandonnant Ariane. Touché par cette injustice, le dieu vigneron, Dionysos, l’arracha à sa détresse en la prenant pour épouse. Par la suite, une fois roi, Thésée prit pour épouse Phèdre. Quand il revint de son périple, Thésée oublia d’ériger une voile blanche à son navire. Le roi Egée aperçut ainsi la voile noire du navire de son fils à l’horizon, et fou de chagrin, il se jeta dans la mer qui porte désormais son nom.

La chute d'Icare de Herbert James Draper

La chute d’Icare de Herbert James Draper

Quant à Minos, il enferma pour trahison Dédale et son fils Icare dans le Labyrinthe. L’inventeur eut alors l’idée d’échapper à son propre piège par la voie des airs. A l’aide de cire, lui et son fils se pourvurent d’un large plumage, qui leur permit de s’envoler, loin de la haine de Minos. Icare, enivré par cette plénitude, voulut voler plus haut et s’approcher au plus près du soleil. Hélas, la cire qui retenait ses plumes fondit sous la chaleur, et le jeune Icare tomba, tel un ange déchu. Le roi de Crète traqua Dédale pendant des années. Ce fut en Sicile, où il périt, plongé dans un bain bouillant. Il devint un des trois juges du tribunal des Enfers.

La légende prétend que le Labyrinthe existerait toujours, dissimulé sous les ruines actuelles du Palais de Cnossos.

Les Moires, les divinités implacables du Destin

Les Moires, les trois soeurs fatidiques

Les Moires, les divinités implacables du Destin

Les Moires, les divinités implacables du Destin

Particulièrement célèbres dans la mythologie grecque, les Moires, aussi connues sous l’appellatif des Parques pour les Romains, étaient les entités incarnant le destin accompagné de sa fatalité irrémédiable. Effrayantes tant par leur apparence que par ce qu’elles représentaient, elles se différenciaient néanmoins de la Mort, incarnée cette fois par le dieu Thanatos. Elles étaient considérées comme plus puissantes encore que les Dieux, qui étaient obligés de se soumettre à leurs décisions.

En effet, les Moires étaient trois sœurs, filles de Nyx, une des premières entités à être née du Chaos originel, aussi anciennes que le Temps, qui se souvenaient du passé de chaque être humain, étudiaient le présent, et par-dessus tout, il fallait reconnaître que l’avenir ne leur était point étranger.

La symbolique de la vie : le fil, la quenouille et les ciseaux

La symbolique de la vie : le fil, la quenouille et les ciseaux

Et pour cause, elles se chargeaient elles-mêmes d’en sceller la finalité. Cette trinité terrifiante s’expliquait par les étapes les plus capitales de l’existence. En effet, la première sœur, Clotho, « la Fileuse » commençait la chaîne en enfilant un fil de laine incarnant une vie. Cette étape représentait bien évidemment la naissance. La seconde, Lachésis, aussi nommée « la Destinée », enroulait ce fil autour d’une quenouille, symbolisant le cours de l’existence avec l’accumulation de son poids d’années. La dernière, en revanche, Atropos, dite « l’Implacable », tranchait le fil de vie de à l’aide de ciseaux, engendrant irrémédiablement sa mort immédiate. Leur impartialité et leur inhumanité envers les Hommes leur attribuaient souvent leur cécité, à l’instar de la déesse de la Justice Thémis. On racontait même qu’elles étaient venues au monde aveugles.

Zeus, le roi des Dieux

Zeus, le roi des Dieux

Leur intervention directe était pour le moins assez rare, mais bien souvent lourde de conséquences. Elles aidèrent notamment le roi des Dieux, Zeus, à triompher du terrible Typhon en l’affaiblissant par la ruse, ce qui rétablit l’ordre et l’harmonie au sein de l’Olympe. Leur présence et leur soutien furent également notables lors de la révolte des Géants, où elles aidèrent les Dieux ainsi qu’Hercule à combattre les ennemis les plus puissants des cieux.

L’histoire raconte néanmoins qu’une seule personne serait parvenue à se jouer d’elles : le dieu archer Apollon. En effet, afin de sauver son ami le roi Admète d’une mort certaine, Apollon alla à la rencontre des trois sœurs, qu’il parvint subtilement à enivrer. Alors, le Dieu à la lyre fit promettre aux Moires de permettre à son ami de vivre par-delà sa mort prédestinée. Toutefois, à la vie épargnée d’Admète devait se substituer une autre existence dans le but d’équilibrer la fragile balance entre les morts et les vivants. Comme il n’y eu aucun prétendant pour se sacrifier, ce fut la propre femme du roi, Alceste, qui fut volontaire par amour pour son mari. Elle fut malgré tout sauvée par Héraclès mais ceci est une autre histoire…

Le sacrifice d'Alceste pour Admète

Le sacrifice d’Alceste pour Admète

Archimède, le savant de Syracuse

Archimède, le passionné jusqu’à la mort

Archimède, le savant de Syracuse

Archimède, le savant de Syracuse

Archimède.

Parmi les grands noms qui ont glorifié l’Antiquité, celui du savant de Syracuse est devenu synonyme de la raison et de la logique prônées par la science. En effet, outre ses avancées considérables dans les domaines des mathématiques et de la physique, il est aussi le père de nombreuses inventions tout à fait impressionnantes.

Archimède, le géomètre

Archimède, le géomètre

De ses œuvres, des témoignages et des preuves sont demeurés, à l’inverse de sa vie. Très peu de recueils expliquent sa biographie et la plus grande partie de son existence demeurera toujours inconnue. Quoi qu’il en soit, Archimède naquit aux alentours de 287 avant J.C, fils de l’astronome Phidias, qui détermina le rapport entre les dimensions du Soleil et de la Lune. On raconte qu’il quitta durant quelques années sa Syracuse natale pour suivre les cours de l’école d’Alexandrie, où étaient enseignés principalement les principes fondateurs d’Euclide. Suite à ces années d’études, il retourna à Syracuse où il demeura tout le long de sa vie.

Soutenu par la cour et le cercle royal, le mathématicien put se consacrer entièrement à la recherche scientifique, balayant des thématiques aussi variées que la géométrie, la mécanique, l’optique ou encore la physique.

Les polygones d'Archimède

Les polygones d’Archimède

Il faut effectivement savoir qu’avant toute chose, Archimède fut un géomètre. En effet, il fut le premier à parvenir à percer le secret qui entourait le mystérieux chiffre irrationnel π en formulant une méthode permettant d’obtenir une approximation très précise de π.

Pi et ses décimales

Pi et ses décimales

π, rappelons-le, n’est autre que le rapport de la circonférence d’un cercle en fonction de la longueur de son diamètre. Pour se faire, il utilise les longueurs des côtés des polygones circonscrits dans le cercle, procédé qui n’est pas sans rappeler la résolution « approximative » du grand problème mathématique de la quadrature du cercle. Il obtint son résultat final avec un polygone pourvu de 96 côtés.

Bien entendu, ses apports en géométrie ne s’arrêtent pas là. Mentionnons simplement ses calculs des aires des secteurs de sa spirale, du cylindre et de la sphère. Il est aussi le précurseur du calcul intégral, développé bien des siècles plus tard par Newton notamment.

Toutefois, il faut bien convenir que ses avancées en physique furent, elles aussi, tout à fait remarquables. L’anecdote la plus célèbre à son sujet émane d’une de ses plus grandes découvertes dans le domaine : la poussée d’Archimède.

Cette force est régie par le principe suivant bien connu : Tout corps plongé dans un liquide subit une poussée exercée du bas vers le haut qui est égale en intensité au poids du volume déplacé.

Les travaux d'Archimède par Léonard de Vinci

Les travaux d’Archimède par Léonard de Vinci

Le meilleur exemple de cette force est celui du corps qui flotte. La légende raconte que c’est effectivement immergé dans son bain qu’Archimède comprit cela, et cria son fameux « Eurêka ! » ou « J’ai trouvé !« . C’est cette même poussée d’Archimède qui explique que les navires ne sombrent pas et peuvent flotter en dépit de leur tonnage considérable.

Ses études poussées sur les centres de gravité lui permirent d’annoncer un jour une de ces phrases qui défia également le Temps : « Donnez-moi un point d’appui et je soulèverai la Terre ! »

Il est également l’inventeur de la vis sans fin, permettant de transporter l’eau par un système d’hélice. On lui attribue aussi l’invention du boulon et de la roue dentée.

La vis sans fin d'Archimède

La vis sans fin d’Archimède

La légende prétend qu’il parvint à brûler la flotte qui assiégeait Syracuse par un système de miroirs géants qui refléteraient les rayons du Soleil. Ce dernier fait d’armes demeure néanmoins encore de nos jours sujet à controverse. Cependant, il œuvra à la création de catapultes à la portée inédite, qui protégèrent Syracuse durant plusieurs années.

Hélas, en 212 avant J.C, Syracuse tomba aux mains des Romains qui envahirent la cité. Archimède, alors absorbé à résoudre un problème, avait tracé plusieurs figures géométriques dans le sable de la cour. Lors de la chute, un soldat l’exhorta à le suivre. Ce à quoi il répondit : « Ne dérange pas mes cercles ! ».

Offensé, le soldat le tua d’un coup de glaive, et c’est ainsi qu’à l’âge de 75 ans, un des plus grands mathématiciens du monde mourut, fidèle à lui-même.

Des funérailles mémorables lui furent rendues par l’empereur Marcellus, et sur sa tombe, fut gravée une sphère circonscrite dans un cylindre, comme il l’avait souhaité, témoin de la découverte qu’il jugera la plus capitale.

La mort d'Archimède

La mort d’Archimède