L’Erebus et le Terror, ou la folie des hommes

L'Erebus et le Terror

Le HMS Erebus et le Terror sur les eaux de l’Arctique

Laissez-moi vous conter une histoire.

Une de ces histoires qui sont autant plus terrifiantes qu’elles ont réellement eu lieu. Nous sommes en mai 1845, l’amirauté de la Royal Navy voit ses deux meilleurs vaisseaux d’exploration, le HMS Erebus et le HMS Terror, déferler leurs voiles du port de Greenhithe pour une expédition à haut risque : découvrir un passage entre l’Atlantique et le Pacifique par l’Arctique. L’idée est de franchir le cheminement d’îles gelées au nord du Canada, dans les terres inuits et ce afin de créer une nouvelle route maritime commerciale aussi conséquente que le canal de Panama.

Les deux vaisseaux de Sir John Franklin

Les deux vaisseaux de Sir John Franklin

135 âmes composent cet équipage et à sa tête, sur son vaisseau amiral, l’Erebus, se tient le commandant Sir John Franklin, célèbre explorateur britannique, vétéran de la bataille de Trafalgar et cartographe de la côte Nord des Amériques. Il est âgé d’une soixante d’années lorsqu’il prend la mer pour ce qui sera son dernier voyage. En effet, à bord de ces deux navires, renforcées par des couches de chêne et de métal et disposant de deux chaudières de locomotives, lui et le capitaine du Terror, Francis R.M Crozier arrivent après un voyage sans encombre dans la mer de Baffin, celle qui sépare le Groenland du Canada.

Or, c’est à cet endroit que l’on aperçut pour la dernière fois les deux navires. Aucun membre de l’équipage ne revit l’Angleterre. Plusieurs expéditions de secours tentèrent de retrouver les disparus à partir de 1848, inquiètes de cette absence prolongée même au cœur de l’enfer blanc de cette Terra Incognita. De toute évidence, les marins avaient fait naufrage. Mais où ? Et comment ? Qu’étaient-ils devenus ?

L'abandon des navires coincés dans la banquise

L’abandon des navires coincés dans la banquise

Le mystère demeura entier des années durant : les conditions climatiques extrêmes allant à des températures de -60°C, les chenaux traîtres, les longues périodes de nuit polaire jouaient en la défaveur des secouristes.

En 1853, des témoignages des tribus d’Inuits parvinrent jusqu’en Angleterre. Ils mentionnaient « un grand navire de fer dont seuls les mâts dépassent des glaces » non loin de l’île du Roi-Guillaume. Un bref message de détresse déniché dans un cairn apprit la mort de Sir John Franklin, datée du 11 juin 1847. Plus tragique, des traces de cannibalisme ont également été retrouvées, ce qui fut purement rejeté par l’opinion publique britannique avec en première ligne l’écrivain Charles Dickens. Ce dernier affirma haut et fort que jamais un Anglais ne pourrait agir de la sorte.

Près d’un siècle et demi plus tard, il se trouve que nous pouvons à présent retracer le destin de ces malheureux. Et pour cause, le HMS Erebus a été retrouvé en 2014, plongé dans les eaux glaciales du Pôle Nord. Deux ans plus tard, c’est le HMS Terror qui est découvert à son tour sur ces terres désolées.

Il s’avéra que les deux navires se retrouvèrent piégés dans les glaces pendant deux années. Quant aux membres de l’équipage, ils succombèrent les uns après les autres par le froid, la famine, le scorbut et l’intoxication au plomb présent dans les conserves. Désespérés, les hommes abandonnèrent un des deux navires avant de se retrouver de nouveau bloqués. Alors, une centaine de survivants tentèrent de rejoindre les terres de Nunavut, vers le Sud… à pied.

Tous périrent en chemin, affamés, malades et désespérés.

Quand la réalité dépasse la fiction…

Le destin tragique de l'expédition Franklin

Le destin tragique de l’expédition Franklin

PS : Il est à souligner qu’un récit par le détail de cette tragique expédition est brillamment relaté par l’auteur Dan Simmons, dans son ouvrage Terreur.

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Le Hollandais Volant, la damnation des sept mers

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

Le Hollandais Volant, le vaisseau maudit

The Flying Dutchman.

Un nom qui a suscité la terreur dans l’esprit des marins durant près de trois siècles. Redevenu emblématique depuis la saga cinématographique de Gore Verbinski, Pirates des Caraïbes, le Hollandais Volant n’est cependant pas tout à fait né de l’imagination des studio Disney.

Boussole et carte

Les légendes des sept mers

Ce fameux navire fait partie d’une des légendes maritimes les plus célèbres au monde. Afin de mieux se replacer dans le contexte du XVIIème siècle, il est important de connaître le rôle prépondérant de la superstition et de la croyance au sein des équipages des navires qui sillonnaient les sept mers.

En effet, la plupart du temps, les marins étaient livrés à la fureur capricieuse des flots, qui pouvait décider en un instant de les faire sombrer. Terrifiés à l’idée d’être à la merci du hasard, les matelots commencèrent rapidement à faire circuler rumeurs et conseils plus ou moins avisés afin d’éviter d’attirer le mauvais œil sur eux. C’est pourquoi notamment une femme à bord était très mal perçue par l’équipage qui craignait que les divinités marines ne se vengent d’un tel affront. Hélas, ces principes d’un autre siècle ont perduré sur les mers très longtemps, le mythe des sirènes rencontrées par Ulysse lors de son Odyssée en est une preuve…

Navire

Le Hollandais Volant, tentant de doubler le Cap de Bonne Espérance

Dans ce contexte très particulier, the Flying Dutchman frappa l’imagination fertile des matelots quant à son histoire. Des dizaines de versions circulent sur ce mythe, cependant, plusieurs similitudes émergent, décrivant la légende comme suit.

Le Hollandais Volant était un des navires les plus rapides qui existaient. Tout porte à croire qu’il était parti d’Amsterdam afin de rejoindre Batavia (actuel Jakarta) et ses comptoirs d’Inde Occidentale. L’histoire précise que le drame eut lieu au large du Cap de Bonne Espérance, en Afrique du Sud, un des endroits les plus dangereux pour les vaisseaux à l’époque. Les conditions climatiques, les récifs et les courants traîtres étaient un piège mortel pour bon nombre de capitaines.

C’est en essayant de doubler le Cap que le Hollandais Volant fut pris dans une tempête qui lui priva de son gouvernail et le faisant ballotter sur les flots comme un pantin aux ficelles tranchées pendant des jours et des jours. Le commandant du navire, Van Der Decken, ivre de rage de ne pas pouvoir franchir le Cap, défia Dieu et lui jura qu’il passerait, le Diable dut-il l’aider dans son odyssée.

Crâne

Condamné à errer sur les océans

Pour son blasphème, Dieu punit alors le capitaine et tout son équipage qu’il condamna à errer en mer pour l’éternité.

Ainsi naquit la légende du plus célèbre des vaisseaux fantômes…

Le mystère ne s’arrête toutefois pas là, car au cours des derniers siècles, plusieurs témoignages relatent les apparitions mystérieuses d’un navire aux lanternes rouges.

Un des constats les plus notables est celui du duc d’York en 1881, qui sera connu bien des années plus tard sous le nom de Georges V, roi d’Angleterre. Le futur roi était au bastingage du HMS Bacchante le 11 juillet de l’année 1881 lorsqu’il vit un vaisseau baigner d’un halo rougeâtre puis se volatiliser dans la brume près des côtes australiennes.

La dernière déclaration de la sinistre apparition remonte à 1942, quatre personnes auraient aperçu un vaisseau d’un autre âge disparaître près d’une des îles du Cap de Bonne Espérance.

Pirates des Caraïbes

 

Orphée, le musicien à la lyre

Orphée et son épouse Eurydice

Orphée et son épouse Eurydice

Fils du roi Oenagre et de la muse Calliope, Orphée est considéré sans nul doute comme le poète et le musicien le plus remarquable de l’Antiquité. Sa légende l’est tout autant. Cette dernière débuta lorsque le jeune prodige prouva ses aptitudes précoces quant à la musique et à la poésie, à tel point qu’Apollon, le dieu de la lumière et de la musique, lui offrit une lyre spéciale, à sept cordes. Son éducation et sa connaissance des arts furent assurés par sa propre mère ainsi que par les huit sœurs de cette dernière : les Muses, filles de Zeus et de Mnémosyne, personnification de la Mémoire. Il est ainsi possible de mentionner dans l’ordre : Calliope, Clio, Euterpe, Thalia, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie et Uranie.

En tant que demi-dieu et instruit par les meilleurs, son talent devint très vite incomparable. Jamais on entendit une musique plus belle que celle qui s’élevait de la lyre d’Orphée. La légende prétendait que sa musique charmait les bêtes sauvages, et qu’il pouvait jouer des complaintes si poignantes que les pierres en pleuraient.

Orphée, membre des Argonautes

Orphée, membre des Argonautes

Ainsi, une fois jeune homme, Orphée prit part à un périple fort célèbre de la mythologie grecque : celui de la quête de la Toison d’Or menée par Jason et ses Argonautes. En effet, le fils de Calliope s’embarqua à bord du navire l’Argos pour la Colchide, de même qu’Hercule ou Castor et Pollux, et durant la périlleuse traversée, son aide fit pencher la balance en faveur des Argonautes. Il contrecarra les chants envoûtants des sirènes par le son cristallin de sa lyre. Il galvanisa les rameurs de l’Argos par sa musique tout le long de la traversée, et parvint à apaiser le dragon, gardien de la Toison d’Or, par ses mélodies.

La mort d'Eurydice

La mort d’Eurydice

Toutefois, le mythe d’Orphée s’avère être davantage connu de par la propre odyssée qu’il entreprit pour son seul et unique amour : Eurydice. Esprit de la forêt, Eurydice était une dryade que rencontra Orphée lors de son retour de Colchide. Ils se marièrent peu de temps après, mais leur bonheur fut hélas de courte durée. En effet, un jour, alors qu’elle était pourchassée par un prétendant du nom Aristée, Eurydice marcha malencontreusement sur un serpent venimeux. Le terrible animal lui mordit à la cheville et son poison terrassa la belle qui trépassa dans les bras de son époux.

Dévasté et anéanti par le chagrin, Orphée refusa cette horrible fatalité et décida d’entreprendre un voyage à l’issue on ne peut plus incertaine. C’est ainsi qu’il se présenta aux portes des Enfers dans le but de faire revenir sa belle du monde des morts. A l’instar de Thésée ou d’Ulysse, le fils de Calliope entra le royaume souterrain d’Erèbe et rencontra le sombre passeur Charon, celui qui devait faire traverser les âmes de l’autre côté du Styx.

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Orphée jouant sa détresse à Hadès et Perséphone

Par la beauté déchirante de son ode, Orphée réussit à gagner l’accord du passeur et parvint sans encombre de l’autre côté. Par la suite, Cerbère, l’effroyable gardien des Enfers, fut endormi par la douce berceuse émanant de la lyre à sept cordes. De toutes les créatures monstrueuses des Enfers, Orphée sut s’en protéger par la puissance de sa musique inégalable. Il apaisa même l’espace de quelques instants les tourments des damnés. Il atteignit finalement les portes du palais d’Hadès et se présenta devant le roi d’Erèbe et son épouse, Perséphone, fille de Déméter.

Hadès demanda alors au poète la raison de sa venue. Pour toute réponse, Orphée composa une musique si émouvante et si mélancolique, comme un écho à sa propre douleur, qu’il arracha des larmes au dieu sans âme. Celui-ci, ému par le courage du jeune homme et la pureté de sa musique, autorisa Orphée à ramener Eurydice du monde des morts, à la seule condition que le poète ne regarde jamais celle-ci tant qu’ils ne seraient pas sortis d’Erèbe.

Le fantôme d'Eurydice disparut à jamais

Le fantôme d’Eurydice disparut à jamais

Courageusement, les jeunes époux remontèrent jusqu’à la lumière au bout d’un éreintant périple. Arrivé à la sortie des Enfers, non loin des rayons du Soleil, Orphée, méfiant envers la promesse d’Hadès, ne put s’empêcher de jeter un regard derrière lui afin de vérifier si Eurydice était toujours là.

Et c’est ainsi que l’aède perdit une nouvelle fois son épouse, et ce définitivement.

L’histoire d’Orphée s’acheva de bien triste manière : inconsolable, il parcourut le monde en ne cessant de prononcer le nom de sa bien-aimée pour finir ses jours dans un petit village de Grèce. Là, les femmes du village, jalouses d’un tel amour et rendues folles par la volonté d’Héra, écharpèrent et dévorèrent le poète. Les Muses, horrifiées de cette fin atroce, enterrèrent ses restes au pied du mont Olympe.

Ainsi mourut l’un des artistes les plus formidables de l’Antiquité.

La mort d'Orphée, le poète

La mort d’Orphée, le poète

Merlin l'enchanteur

Merlin, l’énigmatique

Merlin l'enchanteur

Merlin l’enchanteur

Éminemment connu pour son rôle crucial dans l’épopée du roi Arthur et des chevaliers de la Table Ronde, Merlin est considéré comme un des personnages les plus ambigus de l’Histoire, à commencer par la question épineuse de sa réelle existence, à l’instar du légendaire porteur d’Excalibur.

Difficile, en effet, de s’accorder sur une convergence de qualités qui puissent se regrouper en un seul homme, la multiplicité des versions à son sujet s’étendant de manière exponentielle. Toutefois, malgré cet entrelacs complexe de faits contradictoires, certaines lignes directrices peuvent néanmoins émerger timidement.

Le roi Arthur Pendragon

Le roi Arthur Pendragon

En premier lieu, il faut savoir que la première apparition détectée de l’enchanteur remonte au Moyen-Age du VIème siècle mentionné à plusieurs reprises dans des chroniques galloises. La véritable naissance du personnage n’aura lieu que bien plus tard, au XIIème siècle, par le témoignage trépidant et tendancieux d’un homme d’Eglise : l’évêque Geoffrey de Monmouth. En effet, ce dernier confie dans ses différents écrits sa rencontre avec un individu pour le moins atypique, qui se prénomme Merlin, se basant sur les légendes du Pays de Galles. Des récits prophétiques émanant d’un certain Myrddin datant du VIème furent retrouvés, non pas en tant qu’enchanteur, mais sous les traits d’un barde devin.

C’est en 1134 que l’évêque de Monmouth publia l’Histoire des rois de Bretagne (ancienne Grande-Bretagne), ouvrage fondateur du mythe arthurien, car c’est en ces lignes qu’apparut pour la première fois de l’Histoire le personnage le plus associé à l’enchanteur : le roi Arthur. Protecteur et fervent bras droit de ce souverain fabuleux, Merlin endossa alors les qualificatifs de devin et de sorcier, dernier héritier du savoir druidique de l’ancienne Bretagne, mais défenseur belliqueux de la foi chrétienne. Ce même ouvrage octroie également à l’ancien Myrddin l’élaboration de Stonehenge, un lieu bien entendu capital pour la culture celtique aux origines aussi incertaines que celles de son prétendu architecte.

Les Chevaliers de la Table Ronde

Les Chevaliers de la Table Ronde

A l’aide de sa magie, Merlin usa à maintes reprises de la ruse toujours cependant afin d’assurer la pérennité du royaume de Camelot. Dans le but d’accentuer cette ambivalence et ce conflit intérieur constant entre le Bien et le Malin qui émanait de l’enchanteur, sa naissance, jusqu’alors inconnue, apparut sous un funeste jour : on raconta qu’effectivement, son père n’était autre que le Diable, tandis que la pureté de sa mère lui permit de surmonter la noirceur de ses gènes. En effet, il s’évertua à œuvrer pour le bien, assistant à la naissance de la Table Ronde et de ses Chevaliers, dont l’esprit admirable demeura le modèle de l’intégrité et de la justice jusqu’à nos jours.

En une époque où les religions païennes croulaient sous l’omniprésence de l’expansion du christianisme, la magie qu’employait Merlin ne fit qu’accroître l’odeur de soufre qui provenait de sa personne. Toutefois, il incarnait pour les gens de l’Eglise le symbole parfait du bien-fondé de la religion chrétienne : il représentait l’avenir, un avenir tourné vers la grandeur de Dieu, où naquit par la suite la quête du Saint Graal, la célèbre coupe remplie par Joseph d’Arimathie contenant le sang du Christ crucifié sur la colline de Golgotha. En revanche, pour le peuple de la Bretagne, Merlin demeurait le gardien du savoir ancestral et perdu de la Bretagne, de la « magie » et de la sagesse druidiques.

Viviane l'enchanteresse et Merlin

Viviane l’enchanteresse et Merlin

Par ailleurs, afin de compléter cette esquisse de descriptif qui gravite autour de la légende du dernier des druides, il est essentiel de mentionner la présence de deux femmes dans la vie controversée de l’enchanteur, qui furent toutes les deux instruites par ce dernier. La première porte le nom de Viviane, aussi connue sous le dénominatif de « la Dame du Lac », cette même fée qui apporta Excalibur dans le cycle arthurien. Merlin en tomba éperdument amoureux et l’emmena sur son île d’Avalon. Celle-ci, tellement éprise du magicien, usa d’un sort afin de créer un labyrinthe dans une forêt afin qu’ils y demeurent coincés tous les deux durant des décennies. La légende raconte que Merlin connaissait le contre-sort, mais qu’il ne l’employa jamais pour briser le charme, bien que cette version de l’histoire n’apparut qu’à l’époque des Romantiques. Quoi qu’il en soit, leur amour perdura, et même après leur mort.

La fée Morgane

La fée Morgane

Quant à la deuxième personne, elle incarne davantage l’antagonisme de ce que représentait la sagesse de Merlin. Demi-sœur du roi Arthur, autrefois disciple de l’enchanteur, elle emprunta rapidement une voie bien plus ténébreuse que Viviane. Elle voua son existence à la destruction de Camelot. A l’époque, le simple fait d’évoquer son nom était considéré comme hautement périlleux. Cette ennemie jurée de l’enchanteur n’était autre que la fée Morgane, Morgane la maléfique, Morgane, la Locuste bretonne, excellant dans la concoction de poisons et adepte de la magie noire.

Une lutte constante eut lieu entre ces deux personnages hautement charismatiques, ce qui n’empêcha pas l’enchanteur de parvenir à un âge avancé, avec sa longue barbe de neige telle que nous le connaissons aujourd’hui et sa sagesse séculaire. De tout temps, sa légende fut une inépuisable source d’inspiration, et perdure encore de nos jours, avec ses deux incarnations littéraires et cinématographiques les plus emblématiques : le sorcier Gandalf le Gris de Tolkien et le professeur Dumbledore de J.K Rowling.

Ce qui est remarquable avec ce genre de personnes, c’est le fait que même si le Temps peut vaincre l’homme, le Temps ne pourra jamais vaincre sa légende. N’est-ce pas en soi une preuve de ses pouvoirs ?

Gandalf le Gris
Gandalf le Gris
Le Professeur Dumbledore
Le Professeur Dumbledore
Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’Alchimiste

Nicolas Flamel, l'alchimiste

Nicolas Flamel, l’alchimiste

Bien des noms dans l’Histoire demeurent encore aujourd’hui embrumés de mystères. Des existences énigmatiques aux destins improbables et aux facultés peu communes, à l’instar de Merlin, du docteur Faust ou de John Dee.

Parmi ces noms célèbres, celui de Nicolas Flamel s’impose de toute sa grandeur. En effet, personnage mi-réel, mi-fictif, il s’avère être le représentant emblématique des alchimistes qui œuvraient à cette époque.

Dès lors, remontons à la moitié du XIVème siècle, dans une période où les prémices de la Renaissance insufflaient déjà des progrès considérables dans les arts et les sciences. Le champ des possibles s’élargissait afin d’entrevoir de nouveaux horizons de la pensée.

C’est dans un tel contexte qu’aux alentours des années 1330, Nicolas Flamel vit le jour à Pontoise, en Île-de-France. De condition modeste, il parvint malgré tout à acquérir une solide éducation, grâce à l’aide de ses parents,. Nicolas commença sa vie active dans les faubourgs de Paris avec pour métier celui d’écrivain public.

La demeure des Flamel dans le 3ème arrondissement

La demeure des Flamel

Cette corporation demeurait alors très importante, comme Gutenberg et son imprimerie n’apparaîtront qu’en 1434. Avec son épouse, Pernelle Flamel, Nicolas s’installa dans une boutique à l’angle de la Rue Marivaux et de la rue des Écrivains de la capitale, qui existe encore aujourd’hui, intacte face aux ravages du Temps.

Il forma par la suite des copistes et dispensa un enseignement poussé en mathématiques et en grammaire à ses élèves. Les prestations de l’écrivain public furent si nombreuses qu’il se fit rapidement un nom parmi les nobles de la cour et profita également de leur protection. Personnage malgré tout très discret, il excellait dans les affaires immobilières, ce qui lui permettait d’assurer encore davantage un meilleur train de vie.

Certains affirmaient que ce constat n’était qu’un indice parmi d’autres de son avarice prononcée, quand d’autres défendaient l’altruisme de cet homme pour le moins étrange. La vérité quant à ce sujet demeure énigmatique, bien que l’on sache qu’il fit don de sommes considérables aux œuvres de charité.

Les arcanes de l'Alchimie

Les arcanes de l’Alchimie

Si cette facette de l’homme le faisait s’apparenter à n’importe quel contemporain de la même classe sociale de l’époque, il ne faut néanmoins pas se méprendre.

Dans son laboratoire particulier, chaque soir, Nicolas Flamel entreprenait d’élargir ses connaissances dans un domaine qui le passionnait plus que tout : l’Alchimie.

L’Alchimie possède une description qui diffère selon les points de vue. Longtemps targuée de science occulte, elle fut souvent stigmatisée par les défenseurs de la foi, notamment l’Inquisition, et fut considérée comme dangereuse par l’Église, car elle remettait en cause les Saintes Écritures. Cette mauvaise réputation ne fit que s’accroître au fil du temps si bien que les alchimistes reconnus coupables étaient condamnés de la même manière que les « sorcières ».

Ce qui explique une partie du mystère qui caractérise cette pseudo-science ainsi que la discrétion de ses adaptes.

Toutefois, l’Alchimie est un concept bien plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Le fer de lance de cette science consiste en la transmutation de la matière.

L'alchimiste, le chercheur de vérité

L’alchimiste, le chercheur de vérité

En d’autres termes, les alchimistes cherchaient à transformer la matière en une autre par une suite de processus scientifiques reconnus comme l’ébullition, la sublimation ou encore la fusion et d’autres manipulations bien plus complexes : c’étaient les arcanes de l’Alchimie, accessibles qu’aux initiés de longue date.

Il est indéniable qu’ils furent les ancêtres et les précurseurs de la chimie moderne.

On attribue d’ailleurs à Nicolas Flamel la découverte de la transmutation du plomb en or par la création de la célèbre Pierre Philosophale.

La Pierre Philosophale

La Pierre Philosophale

Cette même pierre capable non seulement de transformer le plomb en or s’avérait également être l’ingrédient essentiel au fameux élixir procurant la vie éternelle. Cette soi-disante découverte « expliqua » notamment d’où provenait la fortune des Flamel et fut le socle sur lequel reposa sa légende qui perdura durant des siècles.

La triple sublimation du Roi Mercure

La triple sublimation du Roi Mercure

Outre ces résultats très discutables, contrairement aux idées reçues, l’Alchimie ne se résume pas simplement à une simple quête du profit grâce à la science. En effet, avant toute chose, l’Alchimie est un mode de pensée métaphysique et existentiel très ancien dont certaines traces remontent au VIIIème siècle avant J.C. Selon cette tendance philosophique, l’homme ne peut percer le secret de la nature et de la compréhension ultime que par une suite d’étapes méticuleuses et difficiles, de la même manière que la dureté du plomb initial atteint la pureté de « l’Or ». Il s’agit en premier lieu d’une quête spirituelle.

C’est ainsi que Nicolas Flamel, en dépit de sa prétendue découverte de l’immortalité, fut malgré tout vaincu par son ennemie ultime le 22 mars 1418. Il avait 88 ans. Quant à sa femme qui l’encouragea toute sa vie dans ses recherches, Pernelle Flamel, elle mourut avant son mari en 1397.

Remarques :

  • La quête de la Pierre Philosophale fut l’origine de bon nombre d’intrigues de romans, quelque soit le genre, un des plus emblématiques étant évidemment le premier tome de la série Harry Potter : Harry Potter à l’école des Sorciers de J.K Rowling.
  • Le personnage de Nicolas Flamel a également été repris récemment dans la saga de Fantasy de Michael Scott : Les Secrets de l’Immortel Nicolas Flamel.
L'hommage de Paris aux Flamel

L’hommage de Paris aux Flamel